© LCIL’Espagne, dont la présidence européenne s’achève à la fin du mois, ne tolérera pas que l’on gâche son sommet de clôture. Pas question que les Français ternissent par leur soucis budgétaires le sommet de Séville qui réunira demain et samedi les chefs d’Etats et de gouvernements des Quinze. Pas question de faire capoter le projet de "grandes orientations de politiques économiques", ou Gope, qui doit être adopté par les Quinze ce week-end.
Ces Gope prévoient que les déficits publics restent inférieurs à 2% du PIB en 2002, qu’ils soient réduits en 2003 pour atteindre l’équilibre en 2004. Onze Etats membres ont déjà atteint cet objectif et, pour certains d’entre eux, peuvent même se targuer d’excédents. Le Portugal et l’Allemagne qui filaient un mauvais coton se sont vus rappelés à l’ordre en début d’année. L’Italie s’est engagée dans une politique d’orthodoxie budgétaire rigoureuse.
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Reste donc le mauvais élève français dont le gouvernement s’entête à vouloir réduire les impôts et à augmenter les dépenses, en matière de sécurité notamment. Ces intentions seraient sans doute louables si l’ardoise de la France n’était aussi lourde. Plus personne ne croit aujourd’hui que le déficit pour cette année se cantonnera à 1,9%, ainsi que l’avait estimé Laurent Fabius en février.
Si Paris affirme toujours attendre le résultats de l’audit de ses finances avant de se prononcer, le ministre français délégué au Budget, Alain Lambert, a reconnu jeudi matin sur Europe 1 que le chiffre de 2,5% du PIB pour 2002 était "un ordre de grandeur qui (serait) sans doute confirmé la semaine prochaine". Un conseiller du gouvernement allemand avait révélé, en début de semaine, que le déficit français serait probablement de 2,6%.
Solbes "optimiste"
Confirmant les dires du ministre des Finances, Francis Mer, à l’issue de la réunion avec ses collègues européens mercredi, Alain Lambert a évoqué la possibilité d'un compromis entre les Quinze. La France pourrait accepter de ramener son déficit de 2002 à un chiffre "proche des 2%" -et non "sous les 2%"- et celui de 2004 "proche de l’équilibre" - et non "à l’équilibre "- "à condition que le scénario de la croissance soit conforme aux prévisions", soit environ 3% en 2003 et 2004. Mais que signifie "proche" ?
Jeudi soir, avant la réunion de l’Ecofin, le commissaire européen aux Affaires économiques, Pedro Solbes, se disait "optimiste" sur les chances d'un accord avec la France. "On fera le maximum pour tenir compte des problèmes qui préoccupent la France mais on ne peut pas oublier ce qui a été accepté", a affirmé M. Solbes dans une allusion à l'accord du conseil européen de Barcelone de mars dernier qui exige de tous les Etats d'atteindre l'équilibre budgétaire en 2004.
(Photo d'ouverture LCI: le ministre Alain Lambert)
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