Fin des revers pour les industriels de la raquette

Par Gérard RANSAY, le 06 juin 2002 à 07h00 , mis à jour le 05 juin 2002 à 19h29

Pendant que les champions suent sang et eau à Roland Garros, les industriels de la raquette et de la balle de tennis s’affrontent pour être dans le trio de tête des meilleures ventes. Véritables vecteurs de vente sur un marché en croissance, les prodiges du tennis sont payés à prix d’or pour arborer les différentes marques.

Comme chaque année, les clameurs des fans enflamment les courts de Roland Garros sur lesquels l’élite du tennis mondial se donne rendez-vous. Pour le grand public c’est l’occasion d’approcher des champions inaccessibles, qui luttent pour inscrire leur nom sur le plus prestigieux "saladier" du monde. Pour les marques de raquettes et de balles, avoir un champion qui reçoit cette coupe, ou qui est présent avec panache, dans les dernières phases du tournoi aide  à prendre pied ou consolider leur position sur le marché français. Malgré une récente période de "vaches maigres" ce dernier demeure l’un des plus attractifs du monde, pour les géants comme Dunlop comme pour les plus petites entreprises du secteur.  

Sponsoriser un champion peut rapporter gros

Depuis peu,

les industriels du matériel de tennis ont retrouvé le sourire, leur secteur connaît en effet une embellie après des années 90 très difficiles. Nul n’a oublié les facéties et les coups géniaux de Noah, d’Henry Lecomte, qui en leur temps, avaient fait exploser les ventes de raquettes, et le nombre de licenciés dans les clubs. "A la fin de la décennie 1980, nous vendions plus de 2 millions de douzaines de balles par an et à la fin des années 1990 seulement 1,2 million", confirme le porte-parole de Major Sports. Rien de tel que de nouveaux "dieux du stade" pour relancer un sport et les ventes de matériels. Les Kuerten, Grosjean les sœurs Williams et autre Martina Hingis, enflamment les courts du monde entier avec un tennis transformé par des matériels pointus et extrêmement performants.

Frédérico Guallar, directeur pour l’Europe du sud du géant de la raquette, Dunlop, nous confirme l’impact énorme que peuvent avoir les performances d’un champion sur les ventes par pays. "Nous avions repéré Amélie Mauresmo, quand elle était une jeune joueuse, une junior peu connue. Nous lui avons proposé un contrat de sponsoring et la suivons depuis. Il ne fait aucun doute que ses victoires, son image très positive et sa disponibilité pour des opérations de promotion, ont un impact positif sur nos ventes en France et à l’étranger". Quand comme cette année, trois joueurs sur quatre en demi-finale de l’Open d’Australie, dont Johansson le vainqueur du tournoi, arborent nos raquettes, il est évident que nos résultats dans ce pays bénéficieront de cette notoriété accrue.

Les leaders mondiaux sont talonnés par des PME innovantes

Face aux géants américains et britanniques Wilson, Head, Prince, Penn et Dunlop, des PME françaises se positionnent sur des niches technologiques où leur savoir-faire peut rivaliser voire surpasser celui des multinationales. Babolat et Major Sports, rebondissent ainsi sur tous les courts de la planète. En cinq ans, les ventes de Major Sports (balles, raquettes) et de sa filiale Technifibre (cordages) ont explosé, et affichent une progression de 75%. Ses dirigeants tablent désormais sur un chiffre d'affaires de 15,2 millions d'euros en 2002, dont 47% à l'exportation, contre 8,7 millions en 1998.

Côté raquette, Major Sport s’est lancée avec succès dans la fabrication de cordages synthétique, un marché sur lequel elle est en vive concurrence avec Babolat, numéro un mondial du cordage en boyaux naturels. Eric Babolat, PDG de cette vénérable PME lyonnaise a pour clients Pete Sampras, Carlos Moya, Nicolas Escudé, qui lui confient leurs raquettes. "Pour chacune de ces raquettes nous utilisons 12,5 mètres d’intestin grêle de bovins, soit deux vaches et demie". Comme ses consœurs cette petite entreprise très spécialisée est un champion de l’export, qui vise désormais le marché asiatique, du badminton, où sans complexe, elle s’attaquera au japonais Yonex qui est leader dans cette région du monde.

Photos AFP : Amélie Mauresmo / Serena et Vénus Williams

Par Gérard RANSAY le 06 juin 2002 à 07:00
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