Le groupe Pinault est passé de père en fils

Par DjS, le 21 juin 2002 à 11h32 , mis à jour le 21 juin 2002 à 11h39

Les quotidiens "Les Echos" et "Le Parisien" révèlent ce matin que François Pinault a cédé à parts égales entre ses trois enfants la propriété de Financière Pinault, la holding chapeautant tout l’empire. Cette cession réalisée il y a près d’un an déleste le patron d’un actionnaire gênant.

[Expiré] [Expiré] François Pinault PPR 2000 souriant (AFP) © AFP

Il y a près d’un an déjà que François Pinault a donné son groupe à ses trois enfants, Laurence, François-Henri et Dominique. Personne n’en a rien su jusqu’à ce vendredi où les quotidiens Les Echos et Le Parisien révèlent que le 21 août dernier, jour de son 65e anniversaire, le patron breton a partagé à égalité entre ses trois enfants la propriété de Financière Pinault, la holding chapeautant l’empire. Le processus de cession aurait été engagé il y a deux ans.

François Pinault a versé quelque 3 milliards de francs (450 millions d'euros) au fisc français, "une somme acquittée sur 2000 et 2001, y compris grâce à des cessions d'actifs", croit savoir le journal Les Echos. S’il n’est plus propriétaire, le patron français reste aux commandes. "Le contrôle managérial de l'ensemble devrait, le moment venu, revenir à François-Henri, le fils cadet qui, sitôt sorti de HEC, avait été amené à faire ses classes dans le groupe", selon Les Echos.

Mais cette cession ne serait pas seulement mue par le souhait d’une succession en douceur, expliquent de concert les deux quotidiens français. Selon Le Parisien, la donation a servi à "prendre les devants" dans l'enquête visant M. Pinault, soupçonné d'évasion fiscale, pour ne pas avoir signalé aux autorités que Forest Product International (FPI), société néerlandaise qui détenait 32,95% de Financière Pinault en 1994, était sous son contrôle, a expliqué Le Parisien.

  Plus serein dans l'affaire Executive Life

   Délesté du fardeau FPI, François Pinault pourra se rendre plus sereinement à l’audition début juillet par le juge Courboulaye dans le cadre d’une commission rogatoire internationale sur l’affaire Executive Life, un compagnie d’assurance américaine. La justice californienne soupçonne le Crédit Lyonnais et le Consortium de réalisation (CDR), qui gère les anciens actifs douteux du Lyonnais, d'avoir organisé par portage illégal la reprise en 1991 d'Executive Life, alors en faillite. Or la loi interdisait à l'époque à une banque d'acheter une compagnie d'assurance. François Pinault et sa holding Artemis, aujourd’hui propriétaire d’Executive Life rebaptisée Aurora, sont soupçonnés par les juges américains d’être impliqués dans le montage.

Pour mieux comprendre:

 

Par DjS le 21 juin 2002 à 11:32
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