Sans les 35 heures, l'équilibre n'aurait pas été loin !

Par , le 27 juin 2002 à 16h47 , mis à jour le 27 juin 2002 à 17h08

L'audit publié jeudi a montré que le déficit public est bien plus important que prévu. Francis Mer a accusé l'ancien gouvernement d'avoir "plus ou moins consciemment" sous-évalué les dépenses.

Francis Mer minstre economie et finances audit © INTERNE

" Sans polémiquer, avec une meilleure maîtrise des dépenses de santé et sans les 35 heures, nous serions proches de l’équilibre ", a déclaré le ministre de l’Economie et des finances ce matin lors de la présentation de l’audit des finances publiques. Et d’un tacle dans le camp de l’équipe Jospin. Aujourd’hui, révèle l’audit mené par Jacques Bonnet et Philippe Nasse, non seulement l’équilibre n’est qu’une vieille chimère mais le déficit est encore plus important que prévu. Laurent Fabius avait tablé sur 1,85% de PIB en mars dernier, il devrait être compris entre 2,3 et 2,6% du PIB en 2002.

Dérapage plus ou moins volontaire des dépenses

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A quoi est imputable un tel dérapage des finances de l’Etat ? " Il y a eu une surestimation probablement consciente des recettes fiscales, (…) et les dépenses ont été très fortement sous-évalués, plus ou moins volontairement ", a expliqué Francis Mer. Schématiquement, la révision à la baisse des recettes est responsable pour un tiers (manque à gagner de 5,4 milliards d’euros), l’augmentation des dépenses de l’Etat (dépassement de 7,4 milliards d’euros) pour deux tiers. Les mauvais résultats de l’assurance-maladie n’arrange rien. Les dépenses de maladie sont supérieures de 2,9 milliards d’euros aux prévisions. Le ministre de l’Economie et des Finances a insisté sur " l’intérêt collectif de reprendre les dépenses de santé en mains ".

Surtout que la fourchette de 2,3% à 2,6% ne tient compte ni du coût de la baisse d’impôts de 5% dès cette année ni de la revalorisation des honoraires des médecins. Le ministre délégué au budget s’est pourtant voulu rassurant, " le gouvernement ne veut pas aggraver le déficit et il prendra les mesures nécessaires ".

Privatisations possibles, souhaitables, probables

Comment alors tenir les engagements du gouvernement Raffarin sans créer de nouveaux déficits : par des coupes dans les budgets, des économies ? Francis Mer a préféré botter en touche et affirmer que les 2,5 milliards d’euros que coûteront les baisses d’impôts et les 2,5 milliards d’euros de dépenses " non honorées " par le précédent gouvernement feront l’objet de mesures dans les six prochains mois. Mais sans doute pas dans le collectif budgétaire qui sera présenté à l’Assemblée le 10 juillet. Grâce à des privatisations ? " Il est possible, voire souhaitable, voire probable qu'un certain nombre d'opérations de ventes d'actions dans des sociétés dans lesquelles l'Etat a des participations non stratégiques puisse avoir lieu d'ici la fin de l'année, en fonction des conditions de marché", a précisé Francis Mer.

Répondant à une question concernant la date à laquelle la France pourrait atteindre l’équilibre, le ministre de l’Economie et des Finances a fait valoir que le moral des investisseurs s’améliorait, que celui des ménages restait bon et que le second trimestre s’annonçait " sympathique ". Dans ce contexte, une croissance de 3% en 2003, (condition à laquelle la France s’est engagée à ramener le déficit public près de 2% du PIB), " n’est pas hors de portée ". En attendant, l’ancien président d’Arcelor a devancé l’annonce par l’Insee des prévisions de croissance pour cette année : " nous sommes sur un rythme de 1,4% ", a déclaré Francis Mer, loin des 3%.

Par Sophie Lutrand le 27 juin 2002 à 16:47
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