Médecins : début des négociations avec l'envie "d'aboutir"

Par S.L, le 04 juin 2002 à 17h28 , mis à jour le 03 juin 2002 à 18h19

A quelques heures du début des discussions les syndicats de médecins libéraux et la Cnam affichent leur volonté de parvenir à un accord. Une considération partagée par le gouvernement soucieux d'affirmer sa crédibilité avant les législatives.

Les revendications des médecins. © Manreo

Les négociations entre syndicats de médecins, CSMF et MG-France, et Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) s’ouvrent aujourd’hui. Objectif : mettre un terme à plus de 6 mois de conflit. Toujours en jeu : la consultation à 20 euros et la visite à 30 euros. Etat d'esprit : envie d'aboutir à un accord mais, "pas à n'importe quel prix" assure la coordination nationale des médecins libéraux.

A quelques jours du premier tour, le gouvernement a à coeur de régler ce problème et de se réconcilier avec une profession mise à mal depuis le plan Juppé de 1995. "On aborde la négociation dans un état d'esprit d'ouverture mais aussi de fermeté, avec une réelle volonté d'aboutir", a déclaré le président de la Confédération des syndicats médicaux (CSMF, dont la branche généraliste, l'Unof, est majoritaire), Michel Chassang. Pour le syndicat MG-France (second syndicat de généralistes), seul signataire de l'accord du 24 janvier avec la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM) revalorisant la profession de généralistes, "cette réunion doit être le début de la réconciliation entre les médecins libéraux et l'assurance maladie".

Pas de contreparties indicuiduelles

Tous les acteurs en présence soulignent ainsi la nécessité, pour chacun, de parvenir à un accord, afin de conjurer un scénario d'échec qui serait "extrêmement risqué", selon M. Chassang. Pour les syndicats de médecins tout d'abord. Engagés dans un conflit qui perdure depuis bientôt sept mois - grèves des gardes, week-ends et "ponts sans toubibs" - ils se trouvent aujourd'hui débordés par la base comme l'atteste la multiplication des déconventionnements concernant plusieurs centaines de médecins. Le gouvernement a lui aussi le besoin impératif d'un accord : sa crédibilité est en effet en jeu, dès lors qu'il lui faut démontrer avant les législatives sa capacité à traduire dans les faits les promesses du candidat Jacques Chirac.

Les discussions qui débuteront à 17h30 devraient être ainsi longues et serrées. Les deux revendications des médecins représentent un effort financier de 944 millions d’euros par an. Un effort qu'il "n'est pas question de faire payer aux assurés", a déclaré le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque. Les médecins sont par ailleurs unanimes pour dire qu'ils n'accepteront pas, en contrepartie de la revalorisation de leurs honoraires, d'"engagements individuels, quels qu'ils soient".

Par S.L le 04 juin 2002 à 17:28
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