© INTERNE" Nous tiendrons tous les engagements pris par Jacques Chirac lors de la campagne présidentielle ", a assuré Jean-Pierre Raffarin dimanche soir. Des promesses faites pour rassurer et confirmer que le nouveau gouvernement en place mise sur l'action, comme l'a souligné Nicolas Sarkozy. Mais aura-t-il les moyens de ses ambitions ?
Vendredi dernier, le ministre de l’Economie et des Finances annonçait un déficit budgétaire plus important que prévu : en avril, il a atteint 32 milliards d’euros contre 26 milliards un an plus tôt. L’objectif, inscrit dans la loi de finances initiale est de ne pas dépasser 30,4 milliards en 2002. Compte tenu des engagements pris par le nouveau gouvernement, baisse de 5% de l’impôt sur le revenu dès cette année, passage de la consultation à 20 euros pour les médecins, cet objectif sera difficilement réalisable.
Le résultat de l'audit après les élections
La toute première mesure annoncée par le gouvernement avait été la mise en route d’un audit des finances de l’Etat commandé à deux magistrats de la Cour des Comptes. Les résultats ne seront publiés qu’au lendemain du second tour. Mais le nouvel hôte de Bercy, Francis Mer a déjà laissé entendre la semaine dernière que la " tendance " des finances publiques françaises n’était pas " très favorable " et qu’il était " très probable " que le déficit de 2002 soit plus élevé que la fourchette prévue, comprise entre 1,8 et 1,9% du produit intérieur brut (PIB).
L’ambition fiscale du gouvernement Raffarin qui reprend à son compte le programme de Jacques Chirac, ne saurait arranger les affaires. Une baisse immédiate de 5% de l’impôt sur le revenu coûtera, dès cette année, 2,7 milliards d’euros, qui s’ajouteront au déficit déjà prévu. Certains, et notamment à gauche, se demandent comment ces baisses d’impôts seront financées. Des rumeurs évoquent des cessions de participation de l’Etat dans des entreprises. Pour Dominique Strauss-Kahn, elles seront sans doute compensées par des hausses de la CSG, "pour tous".
Ne pas augmenter les prélèvements obligatoires
Autre décision au " financement aléatoire " : la hausse de tarifs de la consultation chez un médecin et de la visite qui sont passées à 20 et 30 euros. Le gouvernement a mis fin à un conflit de plusieurs mois avec les médecins et s’est en même temps rabiboché avec une profession qui n’avait guère apprécié le " plan Juppé ". En contrepartie, les médecins s’engagent à prescrire plus souvent des médicaments génériques dans le but de réduire les dépenses de santé. Vœu pieu, hurle-t-on à gauche. Le secrétaire d’Etat aux professions libérales avait d’ailleurs été rappelé à l’ordre après avoir déclaré qu’il faudrait augmenter les cotisations sociales payées par les Français en contrepartie de la consultation à 20 euros. Une position difficile à soutenir pour un gouvernement dont l’une des priorités est de baisser les prélèvements obligatoires.
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