© INTERNELes smogs, ces "nuages de pollution" qui stagnent au-dessus des grandes métropoles, sont également responsables de la destruction d’une partie des récoltes en Europe. Un phénomène qui coûte 6 milliards d’euros annuels, dont 1,5 milliard à la France.
"Cruelle ironie"
Pour certains pays, ces pertes représentent plusieurs "pour cent" (%) des productions agricoles annuelles, a indiqué à la revue scientifique britannique New Scientist le principal auteur de l’étude, Mike Holland, de l’Autorité de l’énergie atomique du Royaume-Uni (UKAEA). L’impact de la pollution dans 45 pays européens et dans l’ancienne Union soviétique a ainsi été analysé. Les plus grosses pertes de récoltes ont été constatées en France (coût : 1,5 milliard d’euros par an) et en Allemagne (environ 1 milliard d’euros par an). Espagne, Italie, Pologne et Ukraine sont également très touchées.
L’ozone présente en haute atmosphère protège la planète des rayons ultraviolets mais lorsqu’elle se rapproche du sol, lors de températures élevées, elle devient une toxine dangereuse au contact d’oxydes d’azote et d’hydrocarbures, rappelle New Scientist. Les niveaux d’ozone sont les plus hauts en été, saison pendant laquelle les cultures poussent, et dans l’Europe du Sud. "Par une cruelle ironie", relève la revue scientifique, ces niveaux sont souvent les plus importants dans les zones agricoles autour des zones urbaines.
Et les pâturages ?
En Europe, pendant l’été, l’air s’avère donc toxique pour beaucoup de cultures, mais pas toutes. Si les vignes de France ne sont pas affectées, les champs de blé, de pommes de terre et de légumes le sont. L’étude britannique montre qu’en Europe, un tiers de la valeur des récoltes perdues concernait le blé et un cinquième, les pommes de terre. L’effet de l’ozone sur les pâturages n’a pas pu être analysé, faute de moyens financiers adéquats. Mais selon Mike Holland, les pertes de productions en viande, lait et fromage pourraient s’élever à 4 milliards d’euros.
Un espoir : les objectifs d’assainissement de l’air européen à l’horizon 2010 pourraient réduire d’un tiers les pertes agricoles liées à l’ozone. Mais les bénéfices seraient variables d’un pays à l’autre : ils seraient 20 fois plus importants en France qu’au Royaume-Uni.
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