© INTERNEL’arrestation, mercredi, de l'ancien PDG de la société de biotechnologie américaine ImClone, Samuel Waksal, et sa mise en examen pour délit d’initié, place une de fois de plus le monde de la finance et des patrons américains sous les feux de la rampe. La SEC (Securities and Exchange Commission) a indiqué que Samuel Waksal a passé des ordres de vente de titres de sa société avant que l’annonce de l’interdiction d’un nouveau médicament contre le cancer, fasse plonger l’action. Ce nouveau scandale ajoute à une ambiance morose sur les marchés, un parfum de fraude, dans les cercles feutrés de la finance américaine.
Une société cotée sur trois est susceptible de frauder
Alors même que les dirigeants de Enron et Andersen sont toujours aux prises avec la justice fédérale, une étude de la société financière Weiss Ratings Inc met le feu aux poudres. Elle révèle qu’une entreprise cotée en bourse sur trois aux Etats-Unis, pourrait manipuler ses résultats financiers. Martin Weiss, le PDG de Weiss Rating, précise néanmoins qu’il "ne dispose pas de suffisamment de données pour affirmer qu'elles se livrent à de tels agissements". "Ce que nous avons, ce sont des données statistiques comparant le cash-flow de ces entreprises à leurs bénéfices", ajoute Martin Weiss. Et "nous avons observé qu'il y avait d'importantes divergences entre le cash-flow (capacité d'auto-financement) engendré par l'exploitation et les résultats publiés, ce qui est une sonnette d'alarme pour de potentielles manipulations des bénéfices".
la SEC propose de nouvelles règles en matière d'information financière
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La coupe est donc pleine pour le gendarme de la bourse, qui propose de changer les règles en matière d'informations financières, en imposant notamment aux principaux responsables exécutifs et financiers des entreprises de certifier les informations financières trimestrielles, et annuelles de leur entreprise. La SEC rappelle qu’il y a une urgence absolue : ramener la confiance des investisseurs avant que les dégâts ne fassent plonger les principales bourses mondiales par un "effet dominos". Pour ce faire, la SEC a suggéré que des indications supplémentaires soient portées sur les rapports financiers déposés par les entreprises auprès des autorités de régulation, en signalant les événements exceptionnels affectant la vie de la société. Ces rapports devront aussi être déposés dans un délai de deux jours ouvrés, au lieu de 15 actuellement, afin d'améliorer la rapidité d'information du grand public. L'émotion est grande au sein de la communauté des investisseurs américains, et de nombreux opérateurs parlent d'une totale refonte du processus d'information financière, et des règlements de la SEC.
Malgré l’importance de l’enjeu, ramener la confiance et la transparence à Wall Street, l’adhésion des dirigeants américains à cette nouvelle donne juridique risque de traîner en longueur. Ce qui est certain, c’est que dans le cas ou les recommandations de la SEC seraient suivies à la lettre, la charge de travail au sein des sociétés cotées s’avèrerait énorme. Ainsi, selon le cabinet Mercer Delta Consulting, pour le seul NYSE (New York stock exchange), sept cents entreprises sur trois mille cotées, devront chambouler leur conseil d'administration dans les deux ans à venir.
Photo LCI / Salle des marchés
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