© Manreo" Pas frais mon poisson ? " Les premières discussions des Quinze mardi au Luxembourg sur le projet de réforme de la pêche dans l’Union européenne ont pris des airs de mise au point musclée à la "ordralphabetix". Les pays du sud, France, Espagne, Italie, Portugal et Grèce ont fait bloc contre la réforme défendue par le commissaire européen à l’Agriculture, Franz Fischler. Ce projet de réduction drastique des flottes européennes d’ici fin 2006 prévoit la mise au rancart de 8600 navires menaçant directement 28 000 emplois. Il s'agit, selon Franz Fischler de reconstituer les stocks de poissons quasiment épuisés par la surexploitation. Les pays susnommés seraient les premiers touchés par une telle réforme.
Défavorable à la pêche artisanale
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"Je trouve la réforme qui nous est proposée beaucoup trop déséquilibrée entre la nécessaire protection de la ressource et la non moins nécessaire prise en compte de la dimension socio-économique et territoriale de la pêche", a déclaré le ministre français de l'Agriculture, Hervé Gaymard. Selon des diplomates, la France, le Portugal, l'Italie et la Grèce se sont inquiétés des conséquences d'une suppression des aides à la modernisation sur la pêche artisanale.
Hervé Gaymard a de nouveau accusé le plan Fischler d'être trop favorable à la pêche industrielle et a appelé à priviligier "l'exploitation destinée à la consommation humaine". Certains pays du nord, comme le Danemark, pratiquent une pêche à grande échelle destinée à la fabrication de farines de poisson.
Sans poisson, pas de pêcheur
Face à ce bloc, le commissaire européen à l'Agriculture Franz Fischler a reçu l'appui de neuf pays (Allemagne, Autriche, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Suède, Finlande, Royaume-Uni et Danemark) aux grandes lignes de son projet, malgré quelques réserves danoises ou finlandaises, selon les mêmes sources.
Avant le débat, le commissaire avait mis en garde ses opposants contre une "mort lente" de la pêche européenne. "Seul l'ami des poissons peut également se prétendre un ami des pêcheurs car de quoi pourraient bien vivre les pêcheurs s'ils avaient de moins en moins de poissons à capturer?", a-t-il demandé.
Le Parlement promet de défendre la PAC Les intentions de l'Union européenne concernant l'agriculture suscitent l'inquiétude dans les campagnes. Mardi, un cortège de plusieurs milliers d'agriculteurs de pays membres ou candidats à l'Union européenne s'est rendu au Parlement Européen à Strasbourg. Les manifestants demandent le maintien et l'approfondissement de la Politique agricole commune (PAC) pour faire face au défi de l'élargissement de l'Union. "Nous avons besoin de votre aide, pour les céréales, la volaille, le vin... Nous avons besoin de soutien, comme les Etats-Unis ont fait avec leurs agriculteurs", a expliqué, au président du Parlement, Gerd Sonnleitner, président du Comité des organisations professionnelles agricoles de l'UE. "Nous sommes pour lutter pour notre modèle agricole, en Europe bien évidemment mais aussi à l'extérieur, dans l'OMC (organisation mondiale du commerce). Il faut lutter pour nos convictions européennes dans l'OMC", a promis le chef de l'assemblée strasbourgeoise. |
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