Que veulent les pédiatres ?

Par , le 13 juin 2002 à 09h45 , mis à jour le 13 juin 2002 à 10h04

Les pédiatres libéraux réclament une revalorisation de la consultation et veulent attirer l’attention sur la pénurie d’effectifs menaçant la profession. Interview de Francis Rubel, président du SNPF, réalisée avant la réunion avortée de ce jeudi avec la Cnam.

[Expiré] [Expiré] pédiatres médecins nourrisson bébé maladie enfant (AFP) © AFP

tf1.fr : Après plusieurs mois de négociations, la seule proposition que vous ait faite l’assurance-maladie est une hausse de 4,50€ pour un cinquième de vos consultations. Quelles sont ce matin vos exigences ? Les avez-vous revues à la baisse ?

Francis Rubel, président du SNPF : Non, car depuis notre dernière rencontre avec les caisses, les médecins généralistes ont obtenu une revalorisation de leurs actes. C’est légitime mais cela renforce l’écart avec notre profession. Aujourd’hui, les honoraires des pédiatres sont en moyenne 48% inférieurs à ceux des médecins de famille. Nous demandons donc une revalorisation immédiate de la consultation à 30 ou 35 € au minimum, ce qui placerait nos revenus à 20 ou 30 % en dessous de ceux des généralistes. Nous réclamons également un tarif à 50 € pour les consultations très longues, celles dépassant une heure, au cours desquelles nous procédons à des dépistages ou à des soins lourds. Ces actes représentent un quart à un tiers de notre activité.

Liens utiles

  
Le Syndicat national des pédiatres français

Le collectif des pédiatres libéraux 
   

tf1.fr : Les pédiatres ont mis la pression sur le gouvernement. Quelles seraient les conséquences immédiates d’un échec des négociations ?

F.R. : Une "Journée sans pédiatres" est programmée lundi prochain, à laquelle s’associent toutes les composantes de la pédiatrie : les libéraux, les hospitaliers, les universitaires. Le SNPF en appelle aussi à la démission en bloc des pédiatres des maternités privées. Les premières défections, à Bordeaux, Lille, Besançon, Nantes, auront lieu lundi prochain. Les autres arriveront plus tard quand expireront les préavis légaux de démission. Les Français auront ainsi une idée de ce qui les attend d’ici quelques années, quand les mères devront prendre l’hélicoptère pour aller accoucher dans l’hôpital public le plus proche.

tf1.fr : Outre ces revendications pécuniaires, insisterez-vous sur d’autres points ?

F.R. : De nos revenus dépend la qualité de nos soins. Une secrétaire, des locaux décents, un équipement performant, ça a un prix. Mais l’argent n’est pas le seul souci. L’année dernière, il y a eu 6% de naissances en plus. Selon une étude réalisée en 2000 sur 1300 pédiatres, 6% seulement de ces médecins avaient moins de 40 ans et 48% d’entre eux auront l’âge de la retraite en 2010. Ces médecins ne seront pas remplacés parce qu’il n’y a pas eu assez d’étudiants formés ces trois dernières années et parce que la profession n’est plus du tout attractive. En négligeant la santé de l’enfant en France, les gouvernements successifs ont oublié un cinquième de la population.

Les pédiatres prennent les devants

    
Lassés de la prudence des syndicats, de nombreux pédiatres se sont réunis en collectif et, plus récemment, en coordination pour adopter des positions plus radicales. Ces pédiatres, au nombre de 400 à 600, ont décidé sans plus attendre de facturer leurs consultations à 30 euros au lieu des 22,87 euros réglementaires. La politique du fait accompli aura-t-elle le même succès qu’avec les généralistes ?
     

 

Par David Straus le 13 juin 2002 à 09:45
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