© INTERNELe parallèle est facile, et pourtant : A l’heure où les électeurs boycottent les urnes, combien de citoyens n’ont pas le droit de vote ? A l’heure où les salariés se désintéressent des syndicats, combien de personnes se font tuer pour leurs activités syndicales ? Pas moins de 223 pour la seule année 2001. Le nouveau rapport de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) dresse un sombre bilan : la répression contre les syndicalistes s’est encore accrue.
L’étude, qui passe au crible 132 pays, fait état " d’actes persistants et répandus de harcèlement contre les syndicalistes, allant du simple refus de reconnaître un syndicat ou de négocier avec lui, aux licenciements, emprisonnements et même assassinats ". Le nombre de meurtres ou de disparitions de militants syndicaux a continué d’augmenter en 2001 et notamment en Colombie. On a recensé dans ce seul pays 185 assassinats de syndicalistes, une hausse de 21% par rapport à 2000. Le rapport fait également état de 2000 arrestations, 1000 blessés et près de 10 000 licenciements pour activité syndicale dans le monde.
Le chantage à la délocalisation
Le site de la CISL
Si l’Europe fait figure d’exemple concernant les libertés syndicales, l’Europe de l’Est ternit quelque peu cette image. Les ex-pays de l’Est sont montrés du doigt : en Croatie, 70% des travailleurs sont en contrat à durée déterminée et " ne peuvent se syndiquer, craignant de ne pas retrouver d’emploi ", souligne la CISL. Cette dernière déplore également la limitation du droit de grève pour les fonctionnaires en vigueur en Allemagne.
Aux Etats-Unis, la liberté syndicale s’arrête où la liberté d’entreprendre commence. Selon le CISL, l’administration Bush est revenue sur plusieurs dispositions obtenues sous Clinton. " Au moins un travailleur sur dix ayant fait campagne pour la création d’un syndicat est licencié en toute illégalité ", note le rapport. Et de citer une entreprise qui a menacé de délocaliser son activité en cas de création d’un syndicat ou cette autre qui a eu recours à du personnel de remplacement lors d’une grève et a refusé de réintégrer ceux qui avaient suivi le mouvement.
Attentats dans les locaux syndicaux
Mais c’est tout de même en Asie et en Amérique du Sud que la répression syndicale est la plus forte : " L’Amérique latine reste la région la plus périlleuse pour y exercer la fonction de syndicaliste ", dénonce le rapport : enlèvements, attentats à la bombe dans les locaux syndicaux et meurtres. En Afrique, la situation des syndicats n’est que la traduction du non-respect des " droits fondamentaux des personnes ". En Ethiopie par exemple, le président du syndicat des enseignants est en prison depuis 1996. La situation n’est pas meilleure en Asie et en Océanie où les effets de la " mondialisation libérale " se font âprement sentir.
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