© INTERNEParis à trois heures de Marseille en train, cet exploit technologique exceptionnel a mis en lumière un savoir-faire unique au monde, et les responsables du développement économique de la région PACA (Provence Alpes Côte d’Azur) se sont alors mis à rêver d’implantations d’entreprises, d’investissements directs, d’un nouvel essor de l’économie locale. Las, un an après son lancement commercial en juin 2001, le TGV a bien eu un effet salvateur sur le tourisme mais n'a pas provoqué le miracle économique tant annoncé : les entreprises du nord ont été rares à se délocaliser au soleil et les parisiens n'ont guère investi sur l'immobilier marseillais.
Le TGV Med fait exploser les chiffres du tourisme
Pour Maxime Tissot, directeur de l’office du tourisme, le succès est réel : "l'effet TGV ? Essayez de téléphoner à l'Office du tourisme et vous verrez, en 1996, l'Office a accueilli 214.000 visiteurs, 305.000 en 2000 et 330.000 en 2001. Le train rapide a fait apparaître une "nouvelle clientèle", celle des courts séjours (du jeudi soir au dimanche soir) qui veut le moins cher et "donc prend le train". Le succès de fréquentation le prouve : en un an, le TGV Med a transporté plus de 16 millions de voyageurs, dépassant son objectif d'environ 10 %". Cette envolée des séjours de courte durée fait des heureux, les hôteliers. Ils sont les premiers bénéficiaires de ce flux de visiteurs du week-end, et d’ici 2005 sept nouveaux hôtels, d’une capacité de 600 chambres au total verront le jour.
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Le TGV peut au mieux aider le développement économique
Une des rares entreprises étrangère à la région qui s’est installée dans la sphère économique de Marseille, à Aix-en-Provence, Games Workshop, indique que les deux paramètres décisifs de son installation ont été : une meilleure qualité de vie, destinée à fidéliser ses salariés et un coût d'implantation très compétitif. "Le TGV est un paramètre important mais pas unique ", confirme Olivier Robert, directeur de Games Workshop, la société (40 employés à Aix) a surtout économisé "40% sur le prix du loyer par rapport à Paris". Les chiffres sont cruellement parlants, seuls 6% des 135 entreprises qui se sont implantées en 2001 (soit 1.155 emplois) dans la région d'Aix viennent de l'extérieur du département.
L'éclosion des zones d'activité à Aix-Marseille est davantage due à une pénurie de bureaux qu'au TGV. Le TGV n'a fait "qu'accentuer l'attractivité", explique Philippe Gentet, directeur à l'Europôle de L'Arbois. Les partisans du désenclavement économique par le train doivent se rendre à l’évidence, améliorer les transports ne suffit pas pour séduire des entreprises. Même dans quatre ou cinq ans, le train à grande vitesse ne sera "pas la vache à lait du développement local", avertit Philippe Langevin, maître de conférences à l'université d'Aix-Marseille, pour qui le train rapide "n'est pas un moteur économique mais un facilitateur".
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