© INTERNELe conseil d'administration du groupe français de médias et communication Vivendi Universal (VU), réuni mardi dans l'après-midi, s'est terminé en début de soirée. Le patron de VU, Jean-Marie Messier, reste à son poste de PDG. Ce conseil "ordinaire", convoqué de longue date, s'est déroulé au lendemain d'une journée boursière catastrophique au cours de laquelle l'action VU a chuté de 23,31%, finissant à 18,75 euros, son plus bas niveau historique (mardi, le titre s'est un peu redressé, grâce à un rebond technique, finissant en hausse de 6,88%, à 20,04 euros). Ce CA explosif s'est tenu sans Bernard Arnault, PDG du groupe de produits de luxe LVMH, qui a démissionné du conseil de VU. M. Arnault était jusqu'alors un fidèle soutien de M. Messier, qui est accablé de critiques depuis plusieurs mois. Il a été remplacé par Dominique Hoenn, directeur général de la banque française BNP Paribas
Dans un communiqué, où il n'est pas mentionné que les administrateurs renouvellent leur confiance en M. Messier, le groupe a voulu rassurer sur sa solidité après les doutes sur sa santé financière émis ces derniers jours par les marchés. VU a indiqué que sa dette baisserait de 4 milliards d'euros en 2002 pour atteindre 15 milliards d'euros. Il a affirmé détenir des lignes de crédit bancaires non utilisées d'un montant de 3,3 milliards d'euros et confirmé ses objectifs opérationnels pour l'année.
L’incertitude sur la vente de Telepiu a fait plonger le titre
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La déroute du titre a démarré lundi matin, lorsque le Financial Times a révélé les difficultés de News Corporation, la société de Rupert Murdoch à mettre en place un montage pour racheter Telepiu, la filiale italienne de Canal Plus. Selon le quotidien économique, "après avoir prospecté pendant deux semaines en Italie et ailleurs, News Corp n'aurait pas trouvé assez d'investisseurs désireux de se joindre à l'aventure". Le but de Rupert Murdoch est de fusionner Telepiu avec Stream, autre télévision à péage italienne, détenue à parité par News Corp et par Telecom Italia, pour ne conserver que 50% de la nouvelle société, puis de trouver des partenaires pour le reste du capital. Le problème de ce montage est qu'actuellement, l’opérateur, Telecom Italia, reconnaît que le projet est pertinent, mais juge les conditions financières inacceptables.
Position inconfortable
Le PDG du groupe Vivendi Universal avait donc fort à faire pour justifier ses choix stratégiques, mardi après-midi, au lendemain d’une journée désastreuse pour la valorisation boursière de son entreprise. Ce sont 5,8 milliards d’euros qui sont partis en fumée en une séance, et les analystes reprochent à la direction de Vivendi Universal un manque de cohérence dans ses opérations financières. Un vendeur précise : "ils expliquent qu'ils n'ont pas besoin de cash et en même temps, et ils vendent une partie de leur participation dans Vivendi Environnement au pire moment".
Même si Jean-Marie Messier reste donc à sa place, il ne fait aucun doute que la chute de la valorisation boursière de VU et de VE, rend la gestion de la dette colossale de Vivendi Universal de plus en plus complexe. Résultat : la position de J2M est plus inconfortable que jamais.
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