Vivendi Universal prépare sa sortie partielle de VE

Par GR, le 19 juin 2002 à 09h00 , mis à jour le 17 juin 2002 à 22h14

Vivendi Universal a officialisé sa décision de réduire sa participation dans Vivendi Environnement (VE). A l’issue d’une cession de 15% des titres de VE, et d’une augmentation de capital, le géant des médias ne conservera que 40 % de sa filiale industrielle.

Vivendi Messier © INTERNE

Après l’annonce de la cession de Telepiu la semaine dernière, en Italie, le retrait progressif de la filiale spécialisée dans le traitement de l’eau et des ordures, est la deuxième grande étape de la diminution de la dette de Vivendi Universal (VU). Indéniablement, la nouvelle mettra du baume au cœur des "traders" même s’il y a encore quelques détails qui méritent d’être éclaircis. En effet, en dehors des subtilités des montages financiers, pour être pleinement réussie, l’opération de VU sur le capital de sa filiale "environnement", devra ménager les susceptibilités politiques, que le statut de pourvoyeur en eau potable de 8000 communes lui confère. C’est dans cette optique que se place le projet de placer 10 à 12% du capital de VE auprès de banques françaises, qui permettraient de garder le traitement de l’eau sous pavillon tricolore. Malgré leur mutisme actuel sur ce sujet, quelques fleurons de l’investissement industriel français seraient sur les rangs. Les plus cités sont : la Société Générale, la Caisse des Dépôts et Consignations, BNP Paribas ou encore Dexia. Avec un bel effet d’anticipation, le syndicat des eaux d'Ile-de-France, qui regroupe 144 communes, et est favorable à cette option, a d’ores et déjà exprimé sa satisfaction par la voix de son président, André Santini qui "pense que sa réclamation a été entendue".

L’action de Vivendi n’a guère réagi à la nouvelle

Du point de vue des analystes financiers, la décision du groupe de Jean Marie Messier, bien qu’appréciée n’a pas fait s’envoler le titre de Vivendi Universal. Mardi vers 16h00, il reculait même fortement, de 4,07%, à 28,97% euros. Certes, lundi, les membres du conseil d'administration de VU, réunis autour du PDG Jean-Marie Messier, ont entériné l'opération, mais aucun calendrier n'ayant été rendu public, ni pour la cession de titres, ni pour l'augmentation concomitante de 1,5 milliard d'euros du capital de VE, les investisseurs sont restés prudents tout au long de la séance. Une chose est sûre, de nombreux professionnels de la finance estiment que ce grand pas vers le désendettement ne peut qu’être bénéfique aux titres de VU mais aussi de Vivendi Environnement. Le message a été reçu par Standard & Poor's, qui dès mardi soir a relevé de "négative à stable" la perspective de sa note sur Vivendi Environnement. Pour VU, le mot magique sera désormais : "déconsolidation", qui concrètement, signifie que très bientôt, Vivendi Universal n’aura plus l’obligation de prendre en compte les 15 milliards d’euros de dettes de sa filiale, ce qui devrait améliorer sa côte d’amour auprès des agences de notation financière.

Une autre explication à l'attitude passive de l'action VU est le manque de visibilité sur les prochaines options que choisiront la direction de Vivendi Universal, avec les capitaux dégagés par les opérations en cours. Certains analystes penchent pour une réduction rapide de la dette colossale du groupe, tandis que d'autres optent pour un rachat de titres de sa lucrative filiale télécoms, Cegetel.

Par GR le 19 juin 2002 à 09:00
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