© INTERNELes grands groupes d’assurance avaient déjà été touchés brutalement par le surcoût colossal des attentats du 11 septembre. Le cru 2002 risque fort d’avoir un goût amer, en raison de la crise financière qui met en péril la rentabilité de leurs fonds. Après l'avertissement sur bénéfices lancé lundi par l'assureur néerlandais Aegon, le groupe de bancassurance belgo-néerlandais Fortis a annoncé mardi qu'il ne pourra pas réaliser ses objectifs de bénéfice 2002 si la crise perdure sur les marchés financiers.
Mardi soir, le leader mondial de la réassurance, Munich Ré, a mis en émoi toute la profession, en annonçant la mise sous surveillance de sa solidité financière par l'agence de notation Moody's. Cette décision, qui est en général, un prélude à la dégradation de la note d’une entreprise inquiète les opérateurs des marchés. Un vendeur précise : "Munich Ré est le dernier du secteur à bénéficier d'une note AAA" (la meilleure), si elle est abaissée, vous imaginez ce qui va arriver aux autres".
Les assureurs sont dépendants des marchés actionsSi la chute des indices boursiers affectent autant les assureurs, c’est bien parce qu’ils n’ont jamais autant investit sur les actions, qu’aujourd’hui. Ces dernières qui ne représentaient en 1996 que 14,8% des placements des sociétés françaises d'assurances, ont atteint, en 2001, 26% du total des leurs investissements. L’autre support phare est l’obligation qui a également pris de l’importance (près de 65%). Désormais, l’investissement immobilier, qui ne pesait plus qu’environ 4,4% du total en 2001, est devenu négligeable dans les projections des gestionnaires de fonds des compagnies d’assurance. Cette sur pondération des actions fait des portefeuilles des assureurs de véritables bombes à retardement pour les marchés financiers. Une étude de la société générale alertait récemment les professionnels de la bourse sur ce danger. Selon ce rapport, "le risque est de voir les assureurs vendre leurs actions pour des raisons réglementaires et alimenter la baisse des marchés actions. Puis les assureurs passeraient des provisions pour dépréciation durable d'actifs diminuant ainsi les résultats 2002".
En clair les titres des sociétés d’assurance, affichant des résultats inférieurs aux prévisions chuteraient de plus belle. C’est ce climat de défiance qui a fait plonger la valeur de l’action du géant français, Axa, de 32% en 5 jours. Des experts du secteur affirment néanmoins, et c’est la seule bonne nouvelle actuelle, que si les marchés se reprennent, "par effet de levier", le secteur des assurances sera le premier à rebondir.
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