La baisse d’impôts en 2003 n’est plus acquise

Par (d'après AFP), le 11 juillet 2002 à 18h52 , mis à jour le 10 juillet 2002 à 18h56

Le collectif budgétaire présenté mercredi montre un gouvernement écartelé entre ses engagements de rigueur budgétaire et ses promesses électorales. Selon le ministre des Finances, la baisse d’impôts en 2003 n’est pas encore décidée.

Francis Mer Ministre Economie Finances audit 27 juin 2002 (LCI) © LCI

En annonçant mercredi matin un collectif budgétaire faisant exploser le déficit de 30,4 à 46 milliards d'euros en 2002, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin se place dans une position périlleuse à l’égard de la Commission européenne. La France a pris l’engagement de ramener ses finances à un niveau "proche de l’équilibre" en 2004. Mais, avant même cette échéance, Paris doit juguler son déficit sous la barre fatidique des 3% en vertu du Pacte de stabilité.

Or, les mesures annoncées font craindre qu’il n’en soit pas ainsi, et Bruxelles n’exclut pas, après analyse, de lancer une procédure d’"alerte précoce" à l’encontre de l’exécutif français. Le gouvernement Raffarin a en effet prévu d’augmenter les dépenses en matière de sécurité et de justice tout en diminuant l’impôt sur le revenu de 5% dès cette année, voire de 30% sur cinq ans si la croissance est au rendez-vous. De quoi creuser l’ardoise de l’Etat.

Interprétation

Mercredi, toutefois, le ministre de l’Economie Francis Mer a averti que la croissance en 2002 ne devrait pas être "au-delà de 1,4%". Par ailleurs, contrairement à ce qu’avait hâtivement annoncé le ministère mardi (voir notre papier), "aucune décision" n'a été prise concernant une  nouvelle baisse de l'impôt en 2003, a indiqué Francis Mer. Selon lui, par "nous reconduirons la baisse de 5%", il fallait entendre "nous ne reviendrons pas sur la baisse de 5% accordée en 2002".

Quant aux dépenses, certains, au gouvernement même, doutent qu’on puisse les contenir dans la mesure prévue par le collectif. A elles seules, les dépenses de la fonction publique augmentent mécaniquement d'environ 2% par an, souligne-t-on. Les taux d'intérêt ne s'annoncent pas non plus très prometteurs pour le remboursement de la dette. Le gouvernement devra jouer serré.

Par (d'après AFP) le 11 juillet 2002 à 18:52
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