© LCIEn annonçant mercredi matin un collectif budgétaire faisant exploser le déficit de 30,4 à 46 milliards d'euros en 2002, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin se place dans une position périlleuse à l’égard de la Commission européenne. La France a pris l’engagement de ramener ses finances à un niveau "proche de l’équilibre" en 2004. Mais, avant même cette échéance, Paris doit juguler son déficit sous la barre fatidique des 3% en vertu du Pacte de stabilité.
Or, les mesures annoncées font craindre qu’il n’en soit pas ainsi, et Bruxelles n’exclut pas, après analyse, de lancer une procédure d’"alerte précoce" à l’encontre de l’exécutif français. Le gouvernement Raffarin a en effet prévu d’augmenter les dépenses en matière de sécurité et de justice tout en diminuant l’impôt sur le revenu de 5% dès cette année, voire de 30% sur cinq ans si la croissance est au rendez-vous. De quoi creuser l’ardoise de l’Etat.
Interprétation
Mercredi, toutefois, le ministre de l’Economie Francis Mer a averti que la croissance en 2002 ne devrait pas être "au-delà de 1,4%". Par ailleurs, contrairement à ce qu’avait hâtivement annoncé le ministère mardi (
voir notre papier), "aucune décision" n'a été prise concernant une nouvelle baisse de l'impôt en 2003, a indiqué Francis Mer. Selon lui, par "nous reconduirons la baisse de 5%", il fallait entendre "nous ne reviendrons pas sur la baisse de 5% accordée en 2002".Quant aux dépenses, certains, au gouvernement même, doutent qu’on puisse les contenir dans la mesure prévue par le collectif. A elles seules, les dépenses de la fonction publique augmentent mécaniquement d'environ 2% par an, souligne-t-on. Les taux d'intérêt ne s'annoncent pas non plus très prometteurs pour le remboursement de la dette. Le gouvernement devra jouer serré.
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