© INTERNELa première étape était la présentation du projet de réforme de la politique agricole commune. Franz Fischler l'a fait ce matin devant ses collègues de la commission européenne qui l'ont adopté. Simple formalité. Idem pour le passage mercredi après-midi devant les députés européens qui n'ont, dans ce dossier qu'un avis consultatif. La véritable passe d'armes commencera lundi prochain lors d'une réunion à Bruxelles des ministres de l'Agriculture des Quinze. Et les discussions risquent de durer plusieurs mois.
Deux camps s'opposent
Le projet du commissaire européen chargé de l'Agriculture prévoit beaucoup plus qu'un simple toilettage de la PAC à mi-parcours (lire aussi Une réforme dangereuse pour les agriculteurs français). Le principal changement, et pas le moindre, revient à couper le lien entre le niveau de production et celui des subventions et d'augmenter les fonds alloués au développement rural. Ces propositions visent à rompre avec 40 ans de logique productiviste pour privilégier la sécurité alimentaire, le respect de l'environnement et le développement rural, à la lumière notamment de la crise de la vache folle et de l'épizootie de fièvre aphteuses. "Les consommateurs, a argumenté F.Fischler, souhaitent une politique agricole qui offre aux agriculteurs des incitations à produire ce qu'ils veulent produire et non ce qui donne droit aux subventions les plus fortes".
Dans ce débat, deux camps vont s'affronter. D'un côté, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne et la Suède sont partisans d'un "dégraissage" rapide de la PAC dans la perspective de l'élargissement de l'UE. Dans l'autre, la France espère avoir le soutien des autres pays à forte tradition agricole, comme l'Irlande et la majorité des pays du sud. Mercredi, plusieurs centaines de jeunes agriculteurs
espagnols ont manifesté contre cette réforme devant les institutions européennes à Bruxelles.
La France est la première bénéficiare des aides européennes-
Infographie réalisée par Julia Ferrand
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