Les contrats-jeunes font oublier les emplois-jeunes

Par , le 30 juillet 2002 à 16h17 , mis à jour le 29 juillet 2002 à 16h50

Alors que le projet en faveur de l'emploi des jeunes peu qualifiés était présenté aujourd'hui à l'Assemblée nationale, les emplois-jeunes se meurent. Créés en 1997 pour 5 ans, les premiers contrats arriveront à terme dès cet automne.

emploi jeune © INTERNE

Oubliés les emplois-jeunes. François Fillon a déclaré mardi à l'Assemblée nationale qu'il "n'y avait plus lieu" d'en créer de nouveaux. Il a toutefois assuré que les contrats en cours iraient "à leur terme". Comme n'importe quel contrat de travail...

"Contrat-jeune" contre "emploi-jeune" ? Alors que le projet favorisant l’emploi des jeunes pas ou peu qualifiés était présenté aujourd’hui aux députés, le minstre des Affaires sociales a fait connaître son sentiment à l’égard des fameux emplois-jeunes créés par le précédent gouvernement : trop chers et inadaptés. "Les emplois-jeunes ne pourront être pérennisés pour des raisons 'structurelles' (emplois publics) autant que 'financières' (3 milliards d'euros)", a déclaré François Fillon.

Voilà qui ne saurait rassurer les vétérans des contrats "emploi-jeune" qui arriveront très prochainement au terme des cinq ans de leur contrat. En effet, les premiers ont été créés à la rentrée 1997 par Martine Aubry alors ministre de l’Emploi et de la solidarité. A la fin 2001, plus de 380 000 emplois-jeunes avaient été créés et près de 225 000 étaient toujours en poste.


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A l’été 2001 déjà, la question du devenir de ces emplois se posait : à l’époque, Elisabeth Guigou, qui avait succédé à Martine Aubry avait annoncé un premier plan : 3,66 milliards d’euros pour 2001, la même somme pour 2002 et 2003, auxquels s’ajoutait une enveloppe exceptionnelle de 6,10 milliards d’euros sur cinq ans pour "consolider" ces emplois. Ce plan envisageait un accès aux concours administratifs facilité ainsi que des aides aux associations et aux collectivités territoriales pour maintenir des emplois devenus indispensables mais non solvabilisés.

Exception pour les aides-éducateurs

Quid des 6 milliards d’euros ? De la reconnaissance de ces emplois comme expérience professionnelle ? Du devenir de ces 225 000 jeunes ? Le gouvernement compte sans doute en partie sur un phénomène naturel : la sortie du dispositif qui commencera dès cet automne sera surtout manifeste en 2003 et 2004 avec 53 000 et 42 000 fins de contrats.

François Fillon a toutefois proposé de faire une exception : "Les services rendus par ces emplois, notamment dans les associations et à l'Education nationale, doivent être maintenus". Un amendement gouvernemental, approuvé par la commission, prévoit ainsi d'accorder un sursis aux aides-éducateurs en poste depuis cinq ans dans les établissements scolaires. Leurs contrats seront prolongés jusqu'au 30 juin 2003. Voilà pour les aides-éducateurs. A quelle sauce seront mangés les jeunes travaillant dans la police, la justice ou bien les associations et les collectivités territoriales qui à elles-seules employaient 120 000 jeunes à la fin de l’année dernière ? Au ministère des Affaires sociales, on déclare que plusieurs hypothèses sont à l’étude… mais le temps presse. 

CARTE D'IDENTITE DU CONTRAT-JEUNE

PUBLIC VISE : Les jeunes de 16 à 22 ans sans qualification ou peu qualifiés. 
OBJECTIF : 250.000 jeunes à l'horizon 2005.
ENTREPRISES ELIGIBLES : Toutes les entreprises privées - sauf celles ayant procédé à des licenciements économiques au cours des 6 mois précédents - ainsi que les associations et les sociétés d'économie mixte.
EXONERATIONS : Exonération complète de charges sociales pendant deux ans et allégement de 50% la troisième année. 
NATURE DU CONTRAT : Contrat à durée indéterminée (CDI), à temps complet ou partiel.
FORMATION : Pas de formation obligatoire mais les jeunes pourront bénéficier du plan de formation comme les autres salariés de l'entreprise. Le salarié pourra rompre son contrat de travail à tout moment, sans préavis, s'il souhaite s'engager dans un dispositif de formation.
COUT POUR l'ETAT : Il est évalué à 650 millions d'euros par le ministère.
ENTREE EN VIGUEUR : Le décret d'application devrait être prêt début août.

Par Sophie Lutrand le 30 juillet 2002 à 16:17
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