© INTERNEOubliés les emplois-jeunes. François Fillon a déclaré mardi à l'Assemblée nationale qu'il "n'y avait plus lieu" d'en créer de nouveaux. Il a toutefois assuré que les contrats en cours iraient "à leur terme". Comme n'importe quel contrat de travail...
"Contrat-jeune" contre "emploi-jeune" ? Alors que le projet favorisant l’emploi des jeunes pas ou peu qualifiés était présenté aujourd’hui aux députés, le minstre des Affaires sociales a fait connaître son sentiment à l’égard des fameux emplois-jeunes créés par le précédent gouvernement : trop chers et inadaptés. "Les emplois-jeunes ne pourront être pérennisés pour des raisons 'structurelles' (emplois publics) autant que 'financières' (3 milliards d'euros)", a déclaré François Fillon.
Voilà qui ne saurait rassurer les vétérans des contrats "emploi-jeune" qui arriveront très prochainement au terme des cinq ans de leur contrat. En effet, les premiers ont été créés à la rentrée 1997 par Martine Aubry alors ministre de l’Emploi et de la solidarité. A la fin 2001, plus de 380 000 emplois-jeunes avaient été créés et près de 225 000 étaient toujours en poste.
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A l’été 2001 déjà, la question du devenir de ces emplois se posait : à l’époque, Elisabeth Guigou, qui avait succédé à Martine Aubry avait annoncé un premier plan : 3,66 milliards d’euros pour 2001, la même somme pour 2002 et 2003, auxquels s’ajoutait une enveloppe exceptionnelle de 6,10 milliards d’euros sur cinq ans pour "consolider" ces emplois. Ce plan envisageait un accès aux concours administratifs facilité ainsi que des aides aux associations et aux collectivités territoriales pour maintenir des emplois devenus indispensables mais non solvabilisés.
Exception pour les aides-éducateurs
Quid des 6 milliards d’euros ? De la reconnaissance de ces emplois comme expérience professionnelle ? Du devenir de ces 225 000 jeunes ? Le gouvernement compte sans doute en partie sur un phénomène naturel : la sortie du dispositif qui commencera dès cet automne sera surtout manifeste en 2003 et 2004 avec 53 000 et 42 000 fins de contrats.
François Fillon a toutefois proposé de faire une exception : "Les services rendus par ces emplois, notamment dans les associations et à l'Education nationale, doivent être maintenus". Un amendement gouvernemental, approuvé par la commission, prévoit ainsi d'accorder un sursis aux aides-éducateurs en poste depuis cinq ans dans les établissements scolaires. Leurs contrats seront prolongés jusqu'au 30 juin 2003. Voilà pour les aides-éducateurs. A quelle sauce seront mangés les jeunes travaillant dans la police, la justice ou bien les associations et les collectivités territoriales qui à elles-seules employaient 120 000 jeunes à la fin de l’année dernière ? Au ministère des Affaires sociales, on déclare que plusieurs hypothèses sont à l’étude… mais le temps presse.
CARTE D'IDENTITE DU CONTRAT-JEUNE PUBLIC VISE : Les jeunes de 16 à 22 ans sans qualification ou peu qualifiés. |
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