© INTERNEAprès l’autorisation donnée lundi par la banque Rotschild, Kingfisher pourra donc lancer son OPA dès qu'il aura reçu l'aval du Conseil des marchés financiers. Le groupe britannique prendra alors, instantanément, le contrôle juridique de Castorama, dont il détenait déjà la majorité du capital (55%), mais seulement 50% du contrôle décisionnel.
Le bricolage sera isolé dans un pôle spécialisé
Conformément à ce qui avait été indiqué auparavant, une fois toutes les autorisations à cette reprise reçues, une équipe franco-anglaise menée par le président Francis Mackay et le directeur général Geoffrey Mulcahy, prendra la responsabilité de la gestion de Castorama. Lorsque Kingfisher aura le contrôle de l'entreprise française, il pourra réorganiser à sa guise ce groupe de 539 magasins et 9,5 milliards d'euros de chiffre d'affaire. Les managers anglais souhaitent surtout uniformiser la gamme (Castorama France offre 200.000 références, quatre fois plus que ses concurrents) et améliorer la rentabilité des magasins. A l'inquiétude des syndicats la future direction rétorque qu'elle n'a pas l'intention de supprimer des emplois en France, à la suite de cette opération financière.
Le Pdg français opposé à la future stratégie
Le Pdg français de Castorama, Jean-Hugues Loyez, s'était opposé en vain à l'OPA de Kingfisher, et à l'uniformisation des produits au niveau national. Il voulait maintenir les particularités régionales des produits de bricolage de Castorama. Le groupe britannique a déjà prévenu qu'il appliquera à Castorama, les techniques de réduction des coûts et de rationalisation des achats mises en place avec succès en Grande-Bretagne. Ces mesures visent aussi à abaisser les prix pour les consommateurs, afin que Castorama France retrouve une forte attractivité des prix. Selon le Directeur Général de Kingfisher, "42% des magasins Castorama en France auraient vu leurs ventes baisser depuis 1999". Kingfisher semble vouloir investir massivement en France et a annoncé que le nombre des magasins Brico Dépôt, son autre enseigne française, passera de 47 actuellement à 100. Ces changements devraient s'effectuer sous la houlette des deux directeurs généraux actuels des enseignes en France. Le groupe Britannique accentuera néanmoins son contrôle sur ses filiales françaises, et les managers des enseignes tricolores dépendront directement du siège, en Angleterre. La page est tournée, Castorama est désormais sous tutelle d'une entité aux ambitions planétaire, à la stratégie globale qui pouvait difficilement cohabiter avec des spécificités marketing régionales.
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