Ce krach larvé qui menace l’économie américaine

Par RG, le 29 juillet 2002 à 06h07 , mis à jour le 26 juillet 2002 à 16h19

Krach : ce mot terrifie les financiers américains depuis la grande crise de 1929. Depuis début 2000, près de 4.000 milliards de dollars de capitalisation sont déjà partis en fumée, soit pratiquement la moitié du PNB des Etats-Unis.

[Expiré] [Expiré] bourse marché argent actions trader dépité (AFP) © AFP

De mémoire de courtier on n’avait jamais vu ça ! Le 14 janvier 2000, le DJIA (Dow Jones industrial average), indice vedette de la bourse de New York, culminait à 11.722,98 points, record absolu. Mercredi, cet indicateur est tombé autour de 7.800 points, soit un plongeon vertigineux de 33,5%. La bulle spéculative, gonflée par la haute technologie et surtout les valeurs des sociétés de l'internet, a implosé au printemps 2000 précipitant le Nasdaq dans un puit sans lumière. Plusieurs sociétés vedettes cotée sur le Nasdaq comme Cisco Systems, un moment plus grosse capitalisation mondiale, Intel ou Amazon n'ont pas résisté à l'éclatement de cette bulle. Le séisme provoqué par la faillite de WorldCom, emportée par le scandale de sa comptabilité truquée, n’en est qu’à ses débuts. La capitalisation boursière de l'ensemble des sociétés du Nasdaq a fondu comme neige au soleil, de 6.100 milliards de dollars à un peu plus de 2.000 milliards maintenant.

Le crash des indices touche toutes les Bourses

Toutes les places financières de la planète ont suivi Wall Street dans sa chute aux enfers : à Londres, ce sont 700 milliards de dollars qui se sont évaporés depuis que l'indice Footsie des 100 plus belles valeurs a perdu 46%. Pour la bourse de Paris, la sanction est plus sévère avec un peu plus de 700 milliards de dollars disparus et un indice CAC-40 passé d'un plus haut de 6.944,77 points le 4 septembre 2000 à quelque 3.023 points mercredi. A Francfort, l'indice DAX accuse un plongeon de 57% par rapport à un plus haut le 7 mars 2000. L’épargne des ménages pâtit, jour après jour de ce plongeon vertigineux, et les entreprises voient s’envoler des milliards de capitalisation.

La menace est réelle pour la consommation et pour l'investissement, deux piliers pour la croissance économique. L’exemple des retraites touche toutes les catégories sociales, et angoisse les américains qui se demandent bien où sont passées leurs précieuses économies. La retraite par répartition étatique, la "Social Security", qui verse des pensions (en fonction des cotisations passées) à partir de 65 ans, est notoirement insuffisante. Pour pallier à cette carence, les actifs avaient pris l’habitude d’épargner via des fonds privés. Aujourd’hui, face à la débâcle en cours de la Bourse, les médias américains multiplient les conseils de prudence et de répartition des risques, invitant les préretraités à fuir les marchés actions comme la peste. L’investissement en obligations redevient à la mode, et pour les plus démunis, il reste toujours la solution de partir vivre ailleurs, là où la vie est mons cher.

Par RG le 29 juillet 2002 à 06:07
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