Que faire de VU ?

Par Gérard RANSAY, le 02 juillet 2002 à 11h57 , mis à jour le 01 juillet 2002 à 23h12

La nouvelle équipe dirigeante de Vivendi Universal va devoir s'attaquer à la réduction de la colossale dette du groupe. A court terme, VU pourrait nettoyer ses activités Internet, gouffre financier dont le symbole est l'échec retentissant du portail Vizzavi.

vivendi logo © INTERNE

Exit Jean-Marie Messier ; son successeur le plus probable - au moins par intérim - devrait être Jean-René Fourtou, le vice-président d’Aventis. D’ores et déjà, sa tâche s’annonce rude.

Les futurs dirigeants de Vivendi Universal devront tout d’abord procéder à un audit des comptes du groupe, a recommandé lundi Colette Neuville, présidente de l'Association de défense des actionnaires minoritaires (ADAM). "Il faut savoir maintenant exactement la valeur des actifs et le montant des passifs. On ne sait sans doute pas tout. Il faut ouvrir les placards pour savoir s'il n'y a pas de cadavres dedans", a-t-elle ajouté. L'ADAM avait déposé devant le tribunal de Commerce de Paris une demande d'expertise du processus de décision au sein de VU afin de déterminer "comment ont été prises les décisions qui ont mené à la situation catastrophique actuelle". Cette requête a été rejetée le 27 juin. Colette Neuville avait pour sa part refusé de siéger au conseil d'administration de VU, comme l'y invitait alors Jean-Marie Messier.

La gestion de la dette risque de faire imploser VU

Le remplaçant de M. Messier devra aussi rassurer sur sa capacité à réduire la dette du groupe, qui affole les marchés financiers depuis des semaines, sans brader ses actifs dans un contexte boursier défavorable. A court terme, VU pourrait nettoyer ses activités Internet, foyer de pertes résumant l'échec de la stratégie de M. Messier qui avait voulu marier les "contenants" de l'internet (téléphone, ordinateur, télévision) aux "contenus" (musique, films, édition, informations, jeux, services). L'échec de Vizzavi, portail lancé avec force promotion en juin 2000 avec l'opérateur télécoms britannique Vodafone, est l'un des symboles de cette déroute. Les deux partenaires ont englouti 1 milliard d'euros d'investissements dans Vizzavi depuis 2000, mais le portail n'a toujours pas dégagé de bénéfices. Le nouvel homme fort de VU pourrait bien s'attaquer à l'autre grand foyer de pertes, Canal Plus, qui affiche un score désastreux, moins 374 millions d'euros en 2001. Vivendi Environnement (VE), la filiale historique, leader mondial du traitement de l'eau, peut envisager un capital sans gros actionnaire, comme son concurrent, le groupe français Suez à l'actionnariat très éparpillé. "VE n'a pas besoin d'actionnaire de référence. C'est un leader mondial", affirmait récemment le président du directoire de VE, Henri Proglio.

La grande inconnue reste l'attitude à venir du clan Bronfmann, premier actionnaire de VU avec plus de 5% du capital. Ulcéré par la fonte accélérée du capital familial, Edgar Bronfman veut absolument compenser ces pertes. La méthode pourrait consister à récupérer les actifs apportés lors de la fusion du groupe familial, Seagram avec Vivendi fin 2000 : Universal films, musique et les parcs d'attraction. Les Bronfman pourraient aussi ajouter à ce portefeuille les activités de VU dans l'édition et les jeux (Larousse, Bordas, Nathan).

Photo d’ouverture : logo de Vivendi - DR

Par Gérard RANSAY le 02 juillet 2002 à 11:57
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