© INTERNENeuf mois après l'explosion de l'usine AZF, Toulouse sait aujourd’hui qu’elle conservera un pôle chimique. Mais il n’y aura pas de redémarrage des activités liées au phosgène, un gaz toxique, a décidé lundi le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.
Très vite, le spécialiste du papier Raisio et celui des médicaments Isochem, dont les dossiers ont reçu un avis favorable du Conseil départemental d'hygiène (CDH) en mars, seront autorisés par le préfet de Haute-Garonne à reprendre leurs activités. Cet été, le CDH rendra son avis sur les dossiers déposés par la SNPE et Tolochimie concernant notamment la chimie fine non spatiale, les installations de recherche et développement ainsi que les unités de fabrication destinées à l'activité spatiale.
Le pôle condamné ?
"Condamner l'activité phosgène équivaut à condamner de fait l'ensemble de la SNPE et du pôle chimique", a réagi l
e délégué CGT de l'usine SNPE de Toulouse, a-t-il poursuivi. "Ce n'est pas avec le spatial et les carburants d'Ariane qu'on pérennisera des emplois sur le site", a ajouté le syndicaliste, selon qui, seuls 80 des quelque 600 salariés du groupe seraient concernés par un redémarrage sans phosgène.
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Un "comité local d'information, de prévention et de surveillance" sera créé avec des moyens pour "conduire des études indépendantes". Un comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail "de site" sera également constitué "afin que les salariés puissent disposer d'une approche globale des risques". Le comité de suivi des victimes "veillera" au respect des démarches d’indemnisation et médicales.
Comme le demandaient les élus, un dispositif d'aide à la reconversion et de soutien à l'économie toulousaine, "impliquant TotalFinaElf", sera mis en place. Une "attention particulière sera portée aux conditions de remise en état et de dépollution du site AZF par le groupe TFE".
Une loi sur les risques technologiques
Parallèlement, le ministère de la Défense "renforcera les dispositions nécessaires pour la sécurité des terrains qui lui appartiennent sur l'emprise du pôle chimique". Depuis le début du 20e siècle, des produits de base pour la fabrication d'explosifs sont immergés dans des étangs appartenant à l'armée.
Sans être explicite sur l'avenir du projet de loi sur les risques industriels élaboré par le précédent gouvernement, le Premier ministre indique que "le gouvernement prépare le débat au Parlement sur un projet de loi sur une maîtrise renforcée des risques technologiques destiné à tirer toutes les conséquences de la catastrophe" de Toulouse.
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