© INTERNECalme plat pour la monnaie unique, jeudi en début d'après-midi. Les marchés US ont ouvert en baisse, et l'euro est resté quasiment stable face au dollar, sur le marché des changes. Ce dernier pourrait néanmoins profiter de bons résultats éventuels des groupes américains qui communiquent leurs comptes trimestriels. A 16H29 (heure française), un euro valait 1,0070 dollar, contre 1,0054 USD cinq heures et demie auparavant. Cette phase de stabilisation de l'euro, a en fait, été initialisée mardi, par le
discours très optimiste du patron de la réserve fédérale américaine (Fed), Alan Greenspan. Puis la séance de mercredi à Wall Street a enfoncé le clou, avec la publication des chiffres de quelques poids lourds de l'économie américaine, comme Ford, Boeing ou Motorola. Il a suffi que ces entreprises publient des résultats conformes aux attentes du marché, pour que le New york stock exchange (NYSE) s'enflammne. Mécaniquement les cambistes ont racheté du dollar et la monnaie européenne s'est retrouvée sous pression.Un dollar plus faible peut être une bonne nouvelle
Jeudi, le porte-parole du Fonds monétaire international (FMI) Thomas Dawson a laissé entendre que la baisse du dollar n'était pas surprenante et avait des effets économiques positifs.
Un dollar à parité avec l’euro ou légèrement en retrait, n’est, e effet, pas forcément une mauvaise nouvelle pour les industriels américains, loin s’en faut. La baisse du dollar face à l'euro constitue même, un risque de concurrence accrue pour beaucoup d'entreprises européennes. Elles devront désormais faire face à des compétiteurs américains, galvanisés par un billet vert moins tonique. Ce scénario inédit sur le marché des changes bouleverse réellement la donne économique internationale. Nombre d’économistes, pour lesquels la reprise de la croissance devait partir des Etats-Unis puis irriguer l'Europe, devront peut être réviser leurs modèles. D’aucuns murmurent qu’un recul ponctuel du dollar, ne serait pas pour déplaire à la Maison blanche, car il soutiendrait la compétitivité des entreprises américaines.Les particuliers aussi sont concernés par la danse de "l’eurodollar"
Il n’y a pas que les grandes firmes qui doivent se sentir concernées par les variations des deux devises stars. Les particuliers, surtout ceux qui voyagent, peuvent profiter, de la hausse, ou du recul de leur monnaie respective. L’envolée de l'euro, qui valait mardi plus cher que le dollar, devrait plaire aux touristes européens qui se rendent dans des pays où le billet vert règne en maître, et pourrait réduire certains prix à la consommation. Le dollar devenant moins cher par rapport à l'euro (on achète plus de dollars pour un même montant d'euros), cela "renchérit le coût des vacances d'un Américain dans la zone euro et à l'inverse rend moins cher le séjour d'un Européen hors de la zone euro", observe Pierre Ménager, économiste de la Société Générale. L’autre bonne surprise induite par la hausse de la devise européenne, pourrait être la baisse des produits importés. Les biens produits à l'extérieur, libellés en dollars ou dans une autre devise, devraient devenir moins cher à l’achat, et pourraient, en théorie, bénéficier aux consommateurs européens. Concrètement, des produits électroménagers, pourraient se vendre moins cher au client final, grâce à la baisse du prix (en dollar) des composants électroniques en provenance d'Asie.
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