© INTERNEWorldCom devrait demander la protection de la loi sur les faillites au début de la semaine prochaine au plus tard, affirmaient vendredi plusieurs journaux américains. Le numéro deux américain des télécommunications longue distance, derrière AT&T, s'est refusé à tout commentaire sur ces informations mais ne les a pas démenties.
La banqueroute de WorldCom dépassera celle en décembre dernier du groupe de courtage en énergie texan Enron, qui constituait jusqu'ici un record. Les actifs déclarés d'Enron, lui aussi victime de fraudes comptables, s'élevaient à 63,4 milliards de dollars alors que ceux de WorldCom totalisent 103,8 milliards.
Et les clients ?
La faillite de WorldCom est tout sauf une surprise car elle est attendue depuis l'annonce le 25 juin des irrégularités comptables, portant sur un montant de 3,85 milliards de dollars, qui lui ont permis de cacher de lourdes pertes. Son PDG John Sidgmore avait lui-même reconnu la semaine dernière qu'il devenait "beaucoup plus difficile" d'éviter la faillite. La révélation du scandale a en effet coupé toute source de crédits à un groupe qui a besoin d'énormément d'argent frais pour faire face au service de sa dette qui dépasse les 30 milliards de dollars. Cette montagne de dettes provient des méga acquisitions réalisées dans les années 90 par WorldCom dans sa course en avant.
La faillite semblant désormais acquise, il reste à savoir quels effets elle pourrait avoir sur les 20 millions de clients du groupe qui assure, outre des services téléphoniques, environ la moitié du trafic Internet aux Etats-Unis. WorldCom a déjà affirmé qu'un éventuel recours à la protection de la loi sur les faillites n'entraînera aucune perturbation dans ses activités. Le chapitre 11 de la loi sur les faillites permet à une entreprise américaine de continuer à fonctionner normalement tout en se restructurant, notamment en vendant des actifs, à l'abri de ses créanciers. Toutefois, les autorités chargées des télécommunications peuvent empêcher une entreprise de ce secteur de couper ses services durant une période d'au moins 31 jours. Ce délai peut être renouvelé, et le sera si nécessaire, pour défendre les consommateurs, a déjà averti le président de la Federal Communication Commission (FCC), Michael Powell.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




