© INTERNELes principaux indices américains sont restés moroses au cours de la séance de lundi. Les opérateurs des salles de marchés restaient préoccupés par la santé réelle de l'économie américaine, la situation au Proche-Orient, et le risque grandissant d’un conflit ouvert avec l'Irak. De fait, l'indice d'activité des services aux Etats-Unis, publié lundi par le groupement national des directeurs d'achat des entreprises du secteur (ISM, ex-NAPM), a baissé à 53,1% en juillet contre 57,2% en juin, confirmant les craintes d'un possible "double-dip" ou double récession, comparable à celle qu'a connue l'économie américaine au début des années 1980. Les mauvaises statistiques s’empilent et avant l’ISM en petite forme, hier, la publication la semaine dernière de mauvais indices de croissance pour le 2e trimestre (+1,1% en rythme annuel seulement), d'un nombre de créations d'emplois très faible en juillet (6.000) et d'un net recul de la confiance des consommateurs avaient déjà entamé le moral des professionnels de la finance américaine.
Des difficultés certes, mais pas de récession
Malgré ces indicateurs pour le moins alarmants, pour l’instant la plupart des économistes préfèrent s’en tenir à un scénario de ralentissement de la croissance, plutôt qu’à celui, cauchemardesque d'une rechute dans la récession. Ainsi Neal Soss, chef économiste aux Etats-Unis du Crédit-Suisse First Boston précise : "Je ne pense pas que la double-récession devienne le schéma principal de prévisions. La perspective la plus probable est celle de la poursuite d'une croissance insuffisante". Selon Neal Soss, "Il y a beaucoup de différences" avec ce qui s'est passé au début des années 1980. "Une des différences importantes est qu'au début des années 80 la reprise qui a suivi la première récession a été provoquée par un relâchement monétaire et que la seconde récession était, elle, liée à une reprise en main monétaire". Un autre expert, Charles Schultze, économiste à la Brookings Institution, partageait ce point de vue optimiste, et a indiqué qu’un nouveau plongeon dans la récession "était possible mais pas probable".
Pendant ce temps, mardi, les Bourses Européennes restaient volatiles, et s’offraient une légère hausse après une matinée dans le rouge. Cette après-midi, les regards se tourneront une fois de plus vers Wall Street dont l’ouverture positive ou négative, orientera les places boursières mondiales.
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