© INTERNELe groupe Enron qui était déjà au cœur d’un des plus gros scandales financiers de l’histoire américaine, fait de nouveau parler de lui. Dans son édition de lundi, le quotidien économique Wall Street Journal a en effet révélé que Enron, le courtier en énergie américain, était soupçonné d’avoir commis des actes illégaux dans plusieurs pays étrangers, au cours d’appels d’offres. De fait, le procureur général américain mènerait actuellement une enquête visant à prouver que le géant de l'énergie en faillite, aurait cherché à corrompre des responsables de gouvernements étrangers afin de remporter des marchés.
Enron aurait truqué des appels d’offres industriels
Cette enquête jusqu’alors tenue secrète, illustre les efforts d'Enron pour décrocher à l'étranger des contrats portant sur : la construction de pipelines, la mise en place de centrales électriques, ou d’unité de traitement de l'eau. Toujours selon le journal américain, qui cite plusieurs responsables et avocats proches du dossier, les faits ne sont pas tous récents, certains remontent même au milieu des années 90, mais font ressortir de possibles violations de la loi sur la corruption à l'étranger. Dans certains pays, les contrats étaient accordés à Enron sans aucun appel d'offre, ou les biens étaient acquis à des prix inférieurs à ceux du marché. Parmi les projets internationaux dans lesquels le groupe est impliqué, on trouve notamment l'installation d'usines électriques en Pologne et aux Philippines ainsi que la construction d'un gazoduc au cœur de la jungle bolivienne.
80 millions de dollars en "cadeau" de départ
Les opérations internationales d'Enron, connues sous le nom d'Enron Global Services (EGS), comprennent une partie des capitaux restants de la compagnie et ont été exclues lorsque Enron s'est placé sous la protection de la loi sur les faillites en décembre dernier. Cette division du groupe a été très active sur tous les continents. De la Chine à la Pologne, l’Italie, la Turquie, ou encore le Brésil, l’Argentine, EGS a participé à des appels d’offres dans le monde entier. Il semble que les projets les plus sulfureux aient été les appels d’offres dans le secteur du traitement de l’eau. Le Wall Street Journal relate ainsi l’exemple d’une transaction au Ghana, portant sur 100 millions de dollars, financés par la Banque mondiale. Le directeur locale de l’organisme de financement avait purement et simplement annulé tout le projet en citant ces négociations comme un cas d’école d’opacité dans un projet international.
Si l'enquête venait à mettre en cause d'anciens directeurs, le groupe, tout comme les responsables en question, pourraient avoir à payer de lourdes amendes. Parmi les "cibles" du procureur général, Rebecca Mark tient une place particulière. C’est elle qui avait aidé à mettre en place le service des opérations internationales d'Enron avant de passer à la direction de son service de l'eau, Azurix. Elle avait ensuite quitté Enron en 2000 avec un pactole : 80 millions de dollars d’actions qu’elle avait acquis à des tarifs préférentiels. Il semble néanmoins que les dirigeants des activités internationales de Enron n’aient pas trop à s’en faire. Selon un avocat expert de ce type de procédure, Thimothy Dickinson, cité par le Wall Street Journal, "ce type d’enquête est extrêmement difficile à mener à bien, et les procès encore plus durs à gagner. Les éléments et les témoins à charge sont souvent à l’étranger, dans des pays peu coopératifs avec la justice américaine."
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