© INTERNESi l’on remplace chaque fonctionnaire qui part en retraite, on ne fait pas d’économie, si on ne les remplace qu’en partie, on en fait beaucoup. L’idée n’est pas révolutionnaire mais elle semble être sérieusement étudiée par le gouvernement Raffarin. Le 9 juillet, le ministre délégué au budget, Alain Lambert avait déclaré qu’il envisageait " une baisse nette du nombre de fonctionnaires dès l’année 2003 ". Voilà qui n’est pas pour rassurer les organisations syndicales de la fonction publique qui, d’ailleurs, se préparent à une rentrée difficile.
L’équation est simple, trop simple ? Selon Philippe Marini, rapporteur général du budget au Sénat, " le départ à la retraite d’un nombre croissant de fonctionnaires offre une occasion unique d’un redimensionnement de l’Etat et d’une maîtrise des dépenses de fonctionnement ". Une source non négligeable d’économies.
Simplification administrative et informatisation
La moitié des 5,4 millions de fonctionnaires (ministères, hôpitaux, collectivités) doivent partir à la retraite d’ici 2012. Dans la seule fonction publique de l’Etat, 807 000 personnes, soit 45% des agents partiront d’ici cette date. Une occasion unique, comme le souligne le sénateur Marini, de tirer profit des gains de productivité enregistrés depuis de nombreuses années grâce aux simplifications administratives et aux nouvelles technologies.
De là, plusieurs hypothèses de travail : si l’on continue, comme c’est le cas aujourd’hui, de remplacer 95% des départs, cela représente 588 200 nouveaux recrutements et une économie estimée à 980 millions d’euros d’ici 2010 par rapport à un remplacement de 100%. Le remplacement de trois personnes sur quatre impliquerait le recrutement de 464 000 personnes et représenterait une économie de 4,8 milliards d’euros. Dernière hypothèse : le non-remplacement de tous les départs en retraite permettrait de dégager une économie de 11,6 milliards d’euros en 2007. CQFD…
Les profs d'abord
Le premier ministère touché par le départ de ses actifs sera celui de l’Education nationale. A Bercy aussi, on s’inquiète du remplacement des effectifs. Les organisations syndicales ont demandé à rencontrer le nouveau secrétaire général du ministère de l’Economie et des Finances, Philippe Parini. A l’issue de cette rencontre, la CFDT a déclaré que " tous les éléments paraissent réunis pour une rentrée sociale très tendue.
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