© INTERNEPaul O'Neill, le secrétaire américain au Trésor aura payé de sa personne dans le cadre de la lutte contre la crise en Amérique latine. Venu éteindre le feu le "pompier financier de George Bush" a enchaîné deux entretiens avec le ministre brésilien des Finances, Pedro Malan, et le président de la Banque centrale, Arminio Fraga. En partant il a laissé entendre aux journalistes que le "Brésil était un bon endroit pour investir", et précisé que les Etats-Unis avaient appuyé la décision du FMI d'accorder un prêt de 1,5 milliard de dollars à l'Uruguay et soutenaient les négociations actuellement en cours entre le Brésil et le FMI.
L’onde de choc menace les banques européennes
Ces déclarations positives du "ministre des finances" américain, ne parviennent pas à rassurer les banquiers européens. Les établissements les plus engagés en Amérique Latine commencent à accuser le coup au Brésil et anticipent dans leurs comptes l'impact des turbulences régionales. Les banques espagnoles, historiquement les mieux implantées sur le sous-continent, souffrent du marasme argentin, de la contagion à l'Uruguay et de l'instabilité financière au Brésil. La première banque espagnole Santander Central Hispano (SCH), qui contrôle la troisième banque brésilienne Banespa, a vu ses bénéfices chuter de 13,4% au premier semestre 2002 et a déjà provisionné environ 1,3 milliard d’euros sur ses investissements en Argentine.
Selon un analyste le groupe espagnole risque très gros dans cette affaire, et pourrait voir s’envoler jusqu’à 6 milliards de dollars. Les banques françaises semblent mieux loties que les groupes italiens ou espagnols. Dominique Ferrero, directeur général du Crédit Lyonnais au Brésil , a indiqué que l'exposition de son entreprise avoisinait néanmoins 500 millions d'euros. De son côté, la Société Générale, selon son Pdg Daniel Bouton, se dit suffisamment couverte sur le risque argentin. Au Brésil, "la BNP se considérait comme faiblement implantée et est plutôt soulagée aujourd'hui. Selon un analyste, le seul bémol à cette situation globalement saine, serait le crédit à la consommation via Cetelem et Carrefour".
La crise en Amérique latine qui paraissait lointaine et exotique touche donc les groupes européens, banques en tête. Mais le secteur bancaire n’est pas le seul à risquer la contagion. Dès mardi soir, le distributeur Carrefour reculait de 8,35% à la clôture, du fait notamment de sa forte implantation au Brésil et en Argentine.
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