35h : Les patrons «ne veulent plus assumer ce en quoi ils ne croient pas»

Par , le 03 septembre 2002 à 15h00 , mis à jour le 03 septembre 2002 à 16h09

A quelques heures de sa rencontre avec les représentants du ministre des Affaires sociales, Sophie de Menthon, présidente de l’association Ethic, a exposé à tf1.fr la position des patrons d’entreprises moyennes sur les projets d’assouplissement des 35 heures.

Dophie de Menthon présidente d' Ethic moyennes entreprises © INTERNE

tf1.fr : Le ministre des Affaires sociales, François Fillon, propose d’assouplir la loi sur les 35 heures en augmentant par décret provisoire le quota autorisé d’heures supplémentaires. Dans un an, un an et demi, les partenaires sociaux négocieront par branche. Cette solution vous satisfait-elle ?
Sophie de Menthon, présidente d’Ethic : Je ne me sens pas capable de demander aux salariés de renoncer aux jours de congé (RTT) que leur ont attribués les lois Aubry. La seule solution admissible aujourd’hui est d’autoriser les patrons à proposer à leurs salariés de faire des heures supplémentaires : de la 35e à la 39e heure, payées sur base du salaire normal et, au-delà de la 39e heure, payées comme des heures supplémentaires. Libre au salarié de refuser de travailler plus de 35 heures.

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tf1.fr : Pensez-vous que votre proposition sera bien perçue par les salariés ?
S. de M. : L’Etat doit prendre ses responsabilités. A sa demande, les patrons ont négocié avec les salariés le passage aux 35 heures, ils ont pris des engagements auprès d’eux parce que la loi le leur imposaient. Aujourd’hui, tout le monde a compris que ça ne marche pas et qu’il faut revenir sur la réduction du temps de travail. Ce que l’Etat a imposé par la loi, il doit le défaire par la loi. Et non se défausser sur les entrepreneurs. Qu’on ne me parle pas de décret transitoire. Il est intolérable pour les entrepreneurs d’être placés dans l’incertitude. Quand il s’agit d’imposer des impôts ou de nouvelles charges, ça se fait dans les quinze jours.

tf1.fr : Quel est selon vous le plafonnement idéal pour ces heures supplémentaires ?
S. de M. : C’est difficile à dire. Ça relève de la cuisine interne des partenaires sociaux. Je pense même que cela dépend de chaque entreprise en particulier. L’employeur et les salariés doivent négocier seuls le nombre d’heures supplémentaires sur base contractuelle. Plus généralement, une fois que le législateur aura réparé les bêtises des 35 heures, il sera essentiel de mettre fin au dirigisme et de laisser patrons et salariés négocier sur base contractuelle. Nous ne voulons plus assumer ce en quoi nous ne croyons pas.

tf1.fr : Que pensez-vous de l’alignement des smics proposé par François Fillon ?
S. de M. : Je ne suis pas certaine qu’il faille harmoniser les smics. En revanche, je suis outrée de la façon dont ça sera fait et de l’augmentation d’une grande partie des smics. Si les entrepreneurs doivent débourser plus alors il faut diminuer leurs charges d’autant : centime pour centime.

tf1.fr : Dans une interview au Parisien de mardi, François Fillon indique qu’il souhaite modifier la loi de modernisation sociale afin d’écourter les délais de mise en œuvre des plans sociaux. Qu’en pensez-vous ?
S. de M. : On ne peut pas se contenter de cela. Le licenciement est quelque chose d’essentiel pour les moyennes entreprises. Confrontées à l’incertitude économique, elles ont besoin de licencier très vite et sans contrainte. Aujourd’hui, il n’est plus possible de se séparer d’un salarié. Tous les licenciements sont considérés comme bidon et sont annulés.

Par David Straus le 03 septembre 2002 à 15:00
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