© INTERNELes automobilistes, et les professionnels de la route français se plaignent depuis plusieurs mois de la hausse des carburants à la pompe. Ce constat alarmant est dû conjointement à des décisions prises par le gouvernement français, à la situation tendue au Proche-Orient, et à la crise irakienne. Côté français, depuis l'abandon de la Taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) fin juillet, hausse du brut oblige, les distributeurs n’ont eu de cesse d’augmenter leurs tarifs pour le client final dans les stations-service.
Selon l'Union française des industries pétrolières (UFIP), le prix du super 95 et celui du gazole ont augmenté en moyenne d'un centime par litre. A l’étranger, malgré la proposition de l’Irak d’autoriser la venue des inspecteurs de l’ONU sur son territoire, les Etats-Unis ne relâchent pas la pression. Ce manque de visibilité sur une crise majeure potentielle, inquiète les opérateurs. Conséquence : en un mois, le cours du Brent de la mer du Nord s’est envolé, a grimpé d'environ 25 dollars le baril à 28 dollars.
Crise irakienne et risque de change pèsent sur le brut
Malgré l’augmentation de tarif d’environ 2 centimes, à la suite de l’abandon de la TIPP, les tarifs pour le consommateur auraient dû, en principe, baisser lors du regain de forme de l'euro, par rapport au dollar. Les compagnies pétrolières réglant leurs achats en dollars, un repli de la monnaie américaine, entraîne généralement une baisse à la pompe. A l'inverse, une baisse de l'euro entraîne une hausse des prix, voilà pour la théorie. Dans la pratique, ce pari du gouvernement sur la bonne tenue de l’euro face au dollar s’est avéré un peu optimiste. Le dollar a en effet regagné du terrain face à l’euro, et le baril de brut souffre encore de la crise entre l’Irak et les USA. "Pour l'avenir, il est difficile de faire des prévisions sur le prix de l'essence à la pompe, les mouvements étant assez erratiques" sur les marchés pétroliers et des changes, a-t-on confié à l'Union française des industries pétrolières.
Concrètement, ce qui est certain est que si les prix du pétrole et du dollar grimpent, en cas de guerre en Irak par exemple, les automobilistes en pâtiront. Au contraire, si la nervosité baisse sur les marchés pétroliers et que l'euro reprend sa remontée face au dollar, le pari de Bercy sera gagné. Les derniers discours en date du président Bush, concernant l’Irak laissent à penser que l’Amérique veut garder Bagdad sous pression, ce qui n’est pas de bonne augure pour une baisse à court terme.
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