© INTERNELa mesure est passée pour ainsi dire inaperçue. Elle pourrait pourtant s’avérer lourde de conséquences… Le Parlement européen a adopté définitivement mardi une directive imposant l'installation et l'utilisation de limiteurs de vitesse sur certaines catégories de véhicules à moteur. Cette décision, qui renforce une directive de 1992, prévoit une limitation à 100 km/h pour les véhicules de transports de passagers de plus de huit sièges outre celui du conducteur et d'un poids maximum de 5 tonnes, et à 90 km/h pour les camions de 3,5 à 12 tonnes. Cette mesure, notamment destinée à améliorer la sécurité sur les autoroutes, entrera en vigueur progressivement, à partir du 1er janvier 2004 pour les nouveaux véhicules. Les véhicules servant exclusivement au transport national devront s'y conformer à partir du 1er janvier 2006.
Concrètement, il faudra donc du temps avant que cette mesure entre dans les faits. Mais tous les Etats-membres de l’Union européenne devront s’y soumettre tôt ou tard – et au plus tard en 2006. Cette décision fait tomber un tabou, dans la mesure où, jusqu’à présent, seuls les poids lourds faisaient l’objet d’une telle limitation de vitesse. Lors de la proposition de ce texte, la mesure avait d’ailleurs suscité des
inquiétudes au sein du comité économique et social européen (CESE), qui avait évoqué le risque d’entraves au transport des marchandises.Des poids lourds aux voitures ?
Il y a loin des minibus ou des camions de 3,5 tonnes, aux automobiles… Mais une barrière est tombée. Or, en France, le débat sur le bridage des moteurs de voitures est déjà lancé. Selon un sondage publié la semaine dernière par Pèlerin Magazine, une large majorité de Français (68%) y seraient favorables.
"Le compteur de vitesse de la plus modeste Peugeot 106 ou Renault Clio affiche, respectivement 180 et 220 km/h. La totalité du parc automobile est homologué pour violer la loi", vitupère Geneviève Jurgensen, porte-parole de la Ligue contre la violence routière. Elle réclame haut et fort que les autorités françaises instaurent de façon unilatérale le bridage des moteurs ainsi qu'une boîte noire enregistreuse permettant de savoir à quelle vitesse s'est passé un accident. Mesure impossible à prendre… sans l’aval de l’Europe, lui répondait il y a quelques jours Heinz Hilbrecht, directeur des transports terrestres à la Commission européenne, qui rappelait que "tout ce qui est homologation de la voiture est de la compétence de la Communauté".
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