France Télécom n'a pas rassuré

Par S.L, le 13 septembre 2002 à 16h48 , mis à jour le 13 septembre 2002 à 17h07

Le conseil d'administration de France Télécom qui s'est tenu jeudi soir a fait le ménage par le vide : Michel Bon va partir et France Télécom se désengager de MobilCom. Toutefois, ni le nom du successeur, ni la stratégie à mener pour sauver l'entreprise n'ont été arrêtés.

logo france télécom craquelé © INTERNE

" Véritable gâchis ", " désastre ", " immense inquiétude "… La quasi faillite de France Télécom et la mise sur la touche de son Pdg ne laissent pas indifférents. Ni les salariés, ni les syndicats, encore moins les marchés. Une préoccupation exacerbée par l’attente de la nomination d’une nouvelle tête pour prendre la direction du bateau France Télécom et engager les réformes et solutions financières pour sortir l’opérateur du rouge.

Mais les syndicats commencent à sentir le vent tourner : " Le patron qui va arriver va commencer par resserrer tout, y compris le cas échéant les salaires, ce qui veut dire que pendant deux ou trois ans, il n’y aura pas d’augmentation ", redoute Marc Blondel de Force Ouvrière. " La diminution des charges et investissements est présentée comme une priorité immédiate, ce qui veut dire réductions drastiques d’effectifs et pression accrue sur les conditions de travail ", souligne Sud-PTT. En d’autres termes, la fin des personnes sous contrat et pourquoi pas des suppressions d’emplois. " On a beaucoup parlé de l’épargne salariale, de l’actionnariat des salariés, mais leur inquiétude majeure aujourd’hui, c’est celle de l’emploi ", estime Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral de la CGT.

Les salariés actionnaires doublement pénalisés

Mais ce n’est pas là la seule crainte. La CGT redoute le démantèlement de France Télécom " car la logique financière pousse au dépeçage de l’entreprise ". Même crainte chez Sud-PTT qui estime qu’une privatisation pourrait intervenir dès que le cours de l’action sera remonté à un niveau honorable.

Les salariés actionnaires de France Télécom demandent à l’Etat de prendre ses responsabilités : " Il faut que l’Etat crache au bassinet ", a déclaré Monique Deshéraud, présidente de l’Association France Télécom Actionnariat Salarié (Aftas). " Ils nous ont fait faire des bêtises, notamment avec les licences UMTS… L’Etat participait au conseil d’administration, c’est à lui de payer ".

Des actionnaires salariés qui sont doublement punis selon la CFTC : une première fois, parce que leurs actions ont été bloquées pendant cinq ans dans le fonds commun de placement (y compris lorsque l’action valait 200 euros quand elle n’en vaut plus que 10 aujourd’hui, ndlr) et une deuxième, parce qu'il va sans doute y avoir une nouvelle ouverture du capital et que la valeur de leurs actions va être divisée par trois ou quatre".

Par S.L le 13 septembre 2002 à 16:48
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