35 heures, ce qui change

Par , le 08 septembre 2002 à 17h12 , mis à jour le 05 septembre 2002 à 18h32

Assouplir le dispositif des 35 heures, c'est l'objectif que s'est fixé le gouvernement Raffarin. Le projet de décret que François Fillon a présenté vendredi va dans ce sens. Et pour vous, ça changera quoi ?

foule emploi stress © INTERNE

Accrochez-vous parce que ce n'est pas simple. Pour bien comprendre le projet de décret qu'a présenté le ministre des affaires sociales François Fillon, on ne peut faire l'économie d'un rapide retour sur le système actuellement en vigueur, la loi Aubry.

Si la durée légale du travail est de 35 heures, il est possible de recourir à un certain contingent d'heures supplémentaires. Il est aujourd'hui de 130 heures par an et par salarié. Ce quota annuel fixe le seuil de déclenchement au-delà duquel un repos compensateur est obligatoire ainsi qu'une autorisation de l'inspection du travail.

180 heures supplémentaires contre 130 auparavant

Actuellement, le dispositif 35 heures fait le distinguo entre les entreprises de moins de 10 salariés et celles de plus de 10 salariés. Pour les premières, aucun repos dit " compensateur " n’était prévu dans le cadre du nombre d’heures supplémentaires prévu par la loi, soit 130. Au-delà de ce contingent, la société devait accorder un repos de 50% du nombre d’heures supplémentaires effectuées. Si un salarié avait déjà épuisé son quota de 130 heures supplémentaires et en faisait 30 de plus, il devait avoir un repos de 15 heures. Vous suivez ?

Pour les entreprises de plus de 10 salariés, toute heure supplémentaire travaillée, y compris dans les 130 heures prévues, donnait droit à un repos compensateur ou bien à une rémunération supplémentaire. Au-delà des 130 heures, la compensation se faisait à 100% : une heure supplémentaire entraînait une heure de repos.

Plutôt de l'argent que du repos

Le projet de décret de François Fillon modifie trois points : le nombre d’heures supplémentaires autorisées, le calcul annuel des 35 heures et le distinguo selon la taille des entreprises. Tout d’abord, le nombre d’heures supplémentaires passe de 130 à 180 pour une durée de 18 mois. Et plutôt que de les "payer" en congés supplémentaires, le ministre prône une majoration financière. Elle devra être au minimum de 10% et, faute d’accord de branche, le taux de 25% s’appliquera.

D’autre part, la différence de régime ne se fait plus à partir de 10 salariés mais de 20 ce qui va permettre à un certain nombre de petites entreprises de bénéficier d’un régime beaucoup plus souple. Enfin, François Fillon propose de simplifier le calcul annuel des 35 heures. Actuellement, il faut respecter un double principe : "l'horaire annuel ne doit dépasser ni 35 heures en moyenne par semaine travaillée, ni 1.600 heures sur l'année". Ce dernier suggère que "seul le plafond de 1.600 heures soit fixé par la loi", "les partenaires sociaux dans les branches ou les entreprises pouvant naturellement fixer des plafonds inférieurs". Capisce ?

 SMICS ET CHARGES PATRONALES

Harmonisation des différents SMICS nés de l'application des 35 heures accompagné d'une disparition de son système d'indexation. Le SMIC horaire progressera en termes réels de 11,4% en trois ans", selon le ministère du Travail.

Dispositif d'allègement des charges des entreprises au 1er juillet 2003 : Ce dispositif, maximum au niveau du Smic, concernera tous les salaires inférieurs à 1,7 fois le smic. Il entraînera un surcoût pour les finances publiques de l'ordre de cinq milliards d'euros d'ici 2006, et "sera compensé au régime de sécurité sociale", a déclaré François Fillon.

Par Sophie Lutrand le 08 septembre 2002 à 17:12
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