© INTERNELa tension entre le gouvernement américain et l’Irak, plus que jamais, d’actualité, a mis en ébullition les marchés du pétrole brut. Les spécialistes du secteur sont tous d’accord sur le fait que l’Irak est un pays incontournable pour les grands groupes pétroliers. Les chiffres se passent de commentaires : deuxième producteur mondial, 112 milliards de barils de réserve, et une capacité de production qui est actuellement bridée par l’embargo datant de la guerre du Golfe. Cerise sur le gâteau, le coût d'exploitation du brut irakien est nettement inférieur à celui des sites d'Asie centrale.
Les compagnies américaines lorgnent sur l’or noir irakienLa menace de conflit ouvert entre les Etats-Unis et l’Irak évoque immédiatement un "après Saddam Hussein" dont les grands vainqueurs pourraient bien être les géants pétroliers américains. Il ne fait aucun doute qu'une intervention militaire en Irak, suivie d'un changement de régime à Bagdad, leur ouvrirait une voie royale dans ce pays, au détriment des Européens. Des entreprises russes, italiennes, espagnoles, et le leader français du secteur, TotalFinaElf présentes sur les champs pétroliers irakiens, auraient tout à perdre d’une arrivée en force de leurs concurrents anglo-saxons. Ainsi, TotalFinaElf qui aurait négocié un accord (non contractuel selon le Pdg, Thierry Desmaret) de prospection du champ pétrolier Majnoon (sud du pays), le plus important du pays, qui pourrait contenir entre 10 et 30 milliards de barils de brut. Sans complexe, un ancien directeur de la CIA, James Woolsey a ainsi indiqué au Washington Post que "les Russes et les Français présents en Irak, devraient savoir que si un changement de régime intervenait dans ce pays, les Américains feraient tout pour que le nouveau gouvernement travaille étroitement avec les entreprises US et les étrangères."
Plein accès pour les USA au brut de Bagdad
Il n’y a pas que les retraités de la CIA qui voient ce schéma de mainmise américaine sur le pétrole irakien se dessiner. Des responsables des groupes d'opposition au régime de Saddam Hussein se sont déjà exprimés en faveur de la création d'un consortium, dirigé par des groupes américains, pour développer la prospection pétrolière en Irak. "Les compagnies américaines auront le plein accès au pétrole irakien", a affirmé récemment Ahmad Chalabi, qui dirige le Congrès National Irakien (CNI), une fédération de mouvements de l'opposition intérieure et en exil, basée à Londres. En dehors des entreprises européennes, un tel scénario ne peut qu’inquiéter l’OPEP qui se retrouverait face à un marché du brut déstabilisé, et un cours en chute libre.
Les Etats-Unis eux, disposeraient d’un pétrole abondant, bon marché et surtout dépendraient beaucoup moins de l’Arabie Saoudite. Les relations avec ce vieil "allié" des américains se sont en effet sérieusement assombries depuis les attentats du 11 septembre 2001. Le rôle trouble du royaume des Saoud, dans le financement d’organisations islamiques, suspectées d’aider des terroristes, a renforcé Georges Bush dans son désir de diminuer la dépendance énergétique des USA envers celui-ci.
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