© INTERNEDans quelque temps, Air France sera un peu moins "France". Un communiqué du gouvernement l’avait annoncé en juillet, le ministre des Transports, Gilles de Robien, l’a rappelé hier : parmi les bijoux de famille dont l’équipe Raffarin désire se débarrasser, la compagnie aérienne figure en pole position. Le Pdg Jean-Cyril Spinetta doit présenter le dossier ce mercredi lors d'un comité central d'entreprise.
L’Etat possède actuellement 54,4% du capital. Il souhaite n’en conserver que 20 à 25% selon Gilles de Robien, moins de 20% selon son collègue de l’Economie et des Finances, Francis Mer. Les salariés, qui détiennent 13% du capital, se verraient garantir une partie des actions mises sur le marché. Un "texte de loi" sera déposé dans les prochaines semaines à l'Assemblée nationale et au Sénat, a expliqué le ministre des Transports. "Il permettra au gouvernement, au moment qu'il choisira, de mettre une partie du capital sur le marché", a-t-il précisé.
Le moment opportun
Malgré les bonnes performances de la compagnie aérienne, la grève de quatre jours des pilotes et le climat social très tendu pèsent sur le cours de l’action. De même, la hausse du kérosène et des charges d’assurance liée à l’incertitude régnant sur le marché aérien pourrait refroidir les investisseurs et pousser le gouvernement à attendre des jours meilleurs pour écouler ses actions.
"La privatisation permettra à Air France d’aborder dans de meilleures conditions l’intensification de la compétition internationale", indiquait fin juillet un communiqué de la compagnie. "Air France aura ainsi plus d’atouts pour intervenir dans le processus de consolidation du secteur et pour y jouer un rôle majeur", poursuivait-il, précisant que "l’opération se fer(ait) en concertation avec les partenaires sociaux et ne remettr(ait) pas en cause les droits acquis des salariés".
Gestion catastrophique
Ces engagements n’ont, semble-t-il, pas convaincu tout le monde. Ce mercredi, Sud aérien, la CGT et Alter (pilotes) appellaient à la grève les personnels au sol. Selon la compagnie, ce mouvement n’a aucune conséquence sur le trafic. "Chacun et chacune d’entre nous a encore en tête la gestion catastrophique des compagnies aériennes privées qui ont conduit à des milliers de licenciements ou de suppressions d’emplois, à des transferts massifs d’activités dans les sociétés de sous-traitance ou à leur délocalisation, à des remises en cause sans précédent des acquis sociaux", avertit le communiqué de l’intersyndicale.
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