© INTERNEUn conseil d’administration et trois questions : maintenir Michel Bon à son poste de Pdg, ou non ? France Télécom doit-il se retirer de l’opérateur allemand MobilCom, véritable gouffre financier ou bien se retirer, quitte à refroidir les relations franco-allemandes ? Et enfin, comment renflouer les caisses de France Télécom ?
Le remplacement de Michel Bon semblait acquis en fin de semaine dernière. Hier, à la veille de la publication des résultats, il n'était plus tout aussi certain. Les mauvaises langues et Michel Bon lui-même, laissent entendre que la faible rémunération du poste et l’immensité de la tâche à accomplir, auraient refroidi les quelques candidats pressentis. Selon le Monde daté de vendredi, l'actuel PDG de Thomson Multimedia aurait accepté la proposition mercredi soir dans le bureau du ministre de l'Economie, Francis Mer. Une information démentie en début d'après-midi par le ministère de l'Economie et des Finances : "aucun autre commentaire n’est justifié avant la tenue du Conseil d’Administration de France Télécom de ce jour", a ajouté de façon laconique Bercy.
5000 suppressions d'emplois en pleine campagne électorale ?
Au nombre des griefs que l'on fait à Michel Bon : une perte nette record en 2001 ( plus de 8 milliards d’euros), une chute d’environ 75% de l’action France Télécom depuis le début de l’année, un endettement de 60 milliards d’euros fin 2001 qui pourrait s’alourdir de 10 milliards d’euros supplémentaires lors de la présentation des résultats semestriels vendredi. Un chiffre d’autant plus alarmant que l’opérateur doit s’acquitter de 15 milliards d’euros de dettes d’ici fin 2003.
Le pdg de France Télécom, qui a orchestré son entrée en bourse en 1997, argue que l’essentiel de son problème se trouve outre-Rhin. Michel Bon, serait favorable à un retrait du capital de MobilCom. Selon certains analystes, ce "lâchage " reviendrait à 5 milliards d’euros pour France Télécom, contre 7 milliards d’euros pour le rachat des parts que France Télécom ne détient pas, soit 71,5% du capital. MobilCom croule sous 6,6 milliards d’euros de dettes. Le gouvernement, lui, n’est pas du tout favorable à un retrait de MobilCom, qui signerait l’arrêt de mort de l’opérateur allemand ; 5000 emplois supprimés en plein période électorale.
Toutes les options étudiées
Quant au plan de sauvetage de France Télécom, là non plus, le débat n’est pas tranché : augmentation du capital, emprunt garanti par l’Etat, émissions d’obligations…. Michel Bon s’est toujours opposé à une augmentation de capital qui, aujourd’hui, interviendrait dans un climat boursier morose et entraînerait un effet de dilution pour les 1,6 million de petits actionnaires.
Resterait également à déterminer à quelle hauteur l’Etat, qui détient 55,5% de l’opérateur, participerait. Dans l’hypothèse d’une augmentation de capital de 15 milliards d’euros, la facture serait colossale pour l’Etat. D’autres hypothèses de travail sont étudiées par les banques auxquelles l’Etat a fait appel : émission d’obligations garanties par l’Etat, échange d’obligations contre des actions…. Voire même un rachat total d’Orange qui est la future " machine à cash " du groupe…. Certains envisagent même des cessions d’actifs qui pourraient renflouer la trésorerie de l’opérateur français. A quelques heures du conseil d’administration, toutes les options semblent encore ouvertes.
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