"Si vous vous lancez, c’est pour devenir le n°1"

Par , le 25 septembre 2002 à 20h43 , mis à jour le 23 septembre 2002 à 20h52

A 12 ans, Olivier Perrin voulait déjà devenir patron. Dans la course auto. Aujourd’hui, à 28 ans, il est à la tête d’une petite entreprise spécialisée dans la vente de karts. Il veut faire de sa société le premier vendeur en ligne de pièces détachées de France.

kombikart Olivier Perrin DR © INTERNE

 
tf1.fr : L’idée de devenir patron vous habitait depuis longtemps quand vous êtes passé à l’acte, il y a deux ans. Quel a été votre parcours avant cela ?

  
"Il faut nouer
des liens
de confiance
avec les gens,
bien avant
de lancer
son entreprise"
 
  

Olivier Perrin : Depuis le BTS jusqu’à l’IUT, mes études, puis mes stages, ont porté sur les sports mécaniques. Je ne me suis détourné de cette voie que pour apprendre l’anglais que je savais indispensable dans les affaires. Parti à Londres, j’ai été cuistot et serveur dans un bar. Mais j’ai vite trouvé un emploi pour un écurie automobile, aux Pays-Bas. Au bord des circuits, j’ai rencontré le patron de KombiKart. Je l’ai convaincu de me confier la vente de ses engins en France.

tf1.fr : Quelles furent vos principales difficultés ?

O.P. : L’argent. Avant même de créer l’entreprise, j’avais dépensé 40.000 francs (6097,98€) en déplacements, en connexion Internet, etc. L’après-midi, j’étais vendeur de téléphones portables, la nuit serveur au Club Med et, quand venait le matin, je pouvais enfin me consacrer à mon projet. Les Néerlandais m’avaient proposé d’ouvrir un magasin avec une licence KombiKart. Je les ai convaincu de faire de moi l’importateur pour la France entière pour 5000 francs (762.25€) ! Quand vous créez une entreprise, c’est pour devenir le numéro 1.

   
"Je ne roulerai
jamais
en Porsche.
Ou alors,
c’est que
mes employés
le feront aussi"
  

tf1.fr :
Quelle somme avez-vous dû mettre sur la table pour lancer votre société ?

O.P. : Je savais que les banques ne me suivraient pas au-delà de 50.000 francs (7622,45€). Je leur ai fait croire qu’avec cette somme, j’allais devenir le roi du pétrole. En réalité, l’achat d’un seul kart me coûtait déjà 45.000 francs (6860,21€). Je croyais qu’une fois l’affaire lancée, les banques délieraient à nouveau les cordons de la bourse. J’avais tort. J’ai dû revendre mon camion, me séparer d’une remorque, retarder certains paiements à mes fournisseurs. Il faut nouer des liens de confiance avec les gens, bien avant de lancer son entreprise. C’est ainsi qu’un de mes ex-patrons a accepté de me louer un bâtiment à un prix en dessous du marché (Lire la suite en page 2).


(Suite de la page 1)

tf1.fr : Quelles sont vos motivations ?

O.P. : L’indépendance, bien plus que l’argent. Personne ne me dit ce que je dois faire. Pas même l’endroit où je dois travailler (il a choisi Antibes, pour le soleil). Je veux construire quelque chose moi-même. Mais cela ne suffit pas. Les galères vont durer trois ans au moins. Je ne savoure pas ma nouvelle vie. Au début, je tenais grâce au café et à la cigarette. Après six mois, j’étais méconnaissable. Mes parents sont descendus de l’Est, ma région natale, pour m’obliger à manger !

Ailleurs sur le web

KombiKart
   

tf1.fr : Pouvez-vous lever le pied aujourd’hui ?

O.P. : Je viens de me trouver un associé. Nous sommes deux, c’est vrai, mais c’est pour en faire plus. Je sais que je ne trouverai pas le temps d’appeler mes amis. Je ne peux même pas accepter les invitations à skier ou à faire du bateau que me font mes clients. Et, quand on bosse 20 heures par jour, on est forcément célibataire.

tf1.fr : Y a-t-il des erreurs que vous ne commettriez plus ?

O.P. : J’embaucherais directement. On pense qu’on peut tout faire soi-même, que ça coûtera moins cher. Pourtant, la comptabilité floue, les mauvais payeurs, ça vous coûte plus qu’un smic. C’est difficile de trouver des jeunes prêts à galérer avec vous, sans savoir s’il en sortira quelque chose. Mais c’est aussi le rôle d’un entrepreneur : créer de l’emploi et partager les bénéfices. Une chose est sûre : je ne roulerai jamais en Porsche. Ou alors, c’est que mes employés le feront aussi.

Par David Straus le 25 septembre 2002 à 20:43
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