© INTERNEtf1.fr : Avant la mise en place de l’embargo sur le bœuf britannique, quelle part des exportations anglaises la France représentait-elle ?
Rémi Fourrier : La France était le premier importateur de bœuf britannique. En 1995, pour une production de 900 000 tonnes, nous en exportions 250 à 300 000 tonnes dont 80 000 tonnes vers la France. La France était donc le premier marché, loin devant l’Italie (40 000 tonnes) et les Pays-Bas (17 000 tonnes).
tf1.fr :Quel type et quelle qualité de viande étaient exportés vers la France ?
"Les exportations |
Rémi Fourrier : Notre produit phare dans les années 80 et 90 était la carcasse de vache laitière. C’était un produit peu cher et bas de gamme qui était vendu à la restauration commerciale (marché de type Rungis) et à la grande distribution. Ensuite, les règles européennes nous ont obligés à exporter de la viande désossée. Cela ne devenait donc plus intéressant économiquement de le faire avec la vache. Nous nous sommes orientés vers le bœuf et les génisses pour une restauration spécialisée (restaurants de viande) et haut de gamme.
tf1.fr : Est-il envisageable aujourd’hui que la viande britannique revienne en force en France et sur quel marché ?
Rémi Fourrier : Nous sommes aujourd’hui dans une situation complètement inverse en Grande-Bretagne. La production n’est plus que de 616 000 tonnes pour cette année (estimations MLC), et nous importons de la viande de l’étranger et notamment de France ! L’Hexagone était notre premier marché, tout était construit autour de ce marché et du coup, notre production s’est effondrée.
tf1.fr : La levée de l’embargo est-elle juste symbolique si la Grande-Bretagne n’a plus la capacité d’exporter ?
Rémi Fourrier : Elle est en effet symbolique mais le symbole est très fort et très important pour nous. C’est une réhabilitation totale de la viande britannique, un grand soulagement pour nos éleveurs et pour les relations franco-britanniques. Les exportations vont reprendre mais de façon confidentielle dans un premier temps car la production ne suit pas.
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Rémi Fourrier : Il y a une demande en France de viande de qualité. Aujourd’hui, 80% de la viande vendue dans les grandes surfaces françaises est de la vache laitière, de la Prim’Holstein : ce n'est pas cher, mais ce n’est pas très bon. Avant l’embargo, des dizaines de grands restaurateurs français et de boucherie de luxe étaient membres du " Club de la viande d’Ecosse ", reconnue pour sa grande qualité. C’est sur ce segment que nous voulons d’abord reprendre position.
tf1.fr : Quel est votre objectif commercial en France à moyen terme ?
Rémi Fourrier : Nous voulons retrouver notre place mais le chantier est plus psychologique que commercial. Ce qui nous aide malheureusement aujourd’hui, c’est la difficulté des éleveurs français à produire de la qualité. On veut de la bonne viande mais pas chère et pour cela, il faut les bonnes structures, les bonnes races et les bons éleveurs. Ce que nous avons en Grande-Bretagne.
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