CaixaBank plaide pour le compte rémunéré

Par , le 25 octobre 2002 à 13h11 , mis à jour le 24 octobre 2002 à 13h24

La filiale française de la banque espagnole demande vendredi au Conseil d'Etat de l'autoriser à rémunérer les comptes de dépôts de ses clients à hauteur de 2%. Le droit français interdit cette pratique en dépit des règles européennes.

CaixaBank (DjS/tf1.fr) © INTERNE

Les banques françaises craignent un nouveau coup dur. Après l’obligation de pratiquer des conditions identiques pour les retraits dans toute l’Europe, voici que le Conseil d’Etat pourrait décider dans les jours à venir d’autoriser la rémunérations des comptes courants. Le gouvernement, pressé par Bruxelles, ne pourrait que s'incliner.

A l’origine de cette révolution dans le très tranquille paysage bancaire français : une banque espagnole, la CaixaBank. En début d’année, la filiale française de la société ibère avait fait grand bruit en promettant de rémunérer à 2% les comptes courants de ses clients.

Plusieurs lettres

"L'offre avait séduit 1200 nouveaux clients, surtout des professions libérales dont le solde moyen créditeur est de 14.000 euros", explique Jacques Ducrocq, responsable de la communication. La Commission bancaire n’avait pas tardé à mettre fin à cette tentative : la loi interdit la rémunération des comptes de dépôts.

La Commission européenne a fait parvenir plusieurs lettres au gouvernement dans lesquelles elle souligne que cette réglementation est en opposition avec les directives européennes. Sans réponse. En Espagne, pourtant, les filiales des banques françaises ne se gênent pas pour offrir une rémunération (jusqu’à 5%) des comptes courants.

Comptes et SICAV

Les 48 agences de CaixaBank sont prêtes à relancer l'offre. La société fait monter la pression sur ses concurrents : ce sera 2% avec le maintien du chèque gratuit. Une démarche exceptionnelle dans une Europe où les comptes sont traditionnellement rémunérés mais où le chèque est payant.

La décision du Conseil d'Etat pourrait prendre du temps. Le commissaire du gouvernement Francis Lamy a proposé vendredi au Conseil d'Etat de consulter la Cour européenne de justice avant de se prononcer sur la requête de Caixa Bank. En attendant, à l'instar de Cortal ou de Bred, CaixaBank fait bénéficier ses clients d'un compte rémunéré indirectement en l'adossant à des SICAV monétaires. "Une centaine de comptes seulement ont été fermés", assure l'établissement.

Par David Straus le 25 octobre 2002 à 13:11
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