Chirac veut annuler le "rabais britannique"

Par RG, le 22 octobre 2002 à 17h23 , mis à jour le 22 octobre 2002 à 17h30

Mardi, Jacques Chirac a remis en cause la réduction dont bénéficie la Grande Bretagne, pour sa contribution au budget de l'Union européenne. Le gouvernement britannique est aussitôt monté au créneau pour refuser cette proposition.

chirac renfrogne © INTERNE

Au cours d'un point de presse conjoint avec le Premier ministre danois, dont le pays assure la présidence semestrielle de l'UE, Jacques Chirac a appelé mardi, à rechercher "une solution acceptable par tous", pour le financement de l'élargissement de l'Union européenne. En clair il a surtout remis en cause le système de ristourne accordée à la Grande-Bretagne depuis 1984, pour sa contribution au budget européen.

Piqué au vif, le gouvernement Britannique a aussitôt réagi aux propos du président français, et indiqué que le rabais accordé à la Grande-Bretagne "n'était pas négociable". Le porte-parole du ministère des affaires a précisé : "notre position sur l'abattement britannique est bien connue, cela n'est pas négociable, parce que, pour des raisons objectives, il est aussi justifié qu'il l'a toujours été". Pour l'équipe de Tony Blair, il est hors de question de réviser ce "droit acquis" avant 2006.

"I want my money back"

Le fameux rabais dont Jacques Chirac ne veut plus entendre parler avait été négocié aux forceps par la dame de fer, Margaret Thatcher elle même. A l'époque, le budget communautaire était consacré

pour 70% au financement de la Politique agricole commune (contre 40% aujourd'hui), dont la Grande-Bretagne ne bénéficie presque pas. Ulcérée par le décalage entre sa contribution et les subventions versées par l'Union Européenne (UE), Margaret Thatcher avait exigé et obtenu de récupérer une partie de son adhésion, sous forme d'un chèque annuel, en vociférant le fameux "I want my money back". Cet accord historique entre les partenaires de l'UE représente environ 5 milliards d'euros, payés en grande partie par la France (31,58%). Pour 2002, la Grande-Bretagne fournit 14,3% du budget de l'UE alors qu'elle en représente 18% de la richesse. La France finance 16,7% de ce budget, et l'Allemagne 24,4%. Chirac demande donc un réajustement de la contribution anglaise à hauteur de son poids réel dans l'économie européenne.

Les nouveaux états européens devront payer

La règle du co-financement du "chèque anglais" par tous les états membre de l'Union européenne s'appliquera immédiatement aux postulants actuels. Des pays qui sont loin d'être riches, comme la Slovaquie ou la Pologne devront s'acquitter de cette taxe indirecte dès leur entrée. En 2004, après l'élargissement, les Polonais devront ainsi verser à Londres 232 millions d'euros ! A ce discours négatif, le gouvernement britannique peut rétorquer que la Grande-Bretagne reste néanmoins un important contributeur net au budget européen. Le solde en sa défaveur va même en augmentant, ce qui accroît d'autant la valeur de sa ristourne. Selon une enquête du journal Libération, à règles inchangées les Français verseront ainsi, après 2007, une somme supérieure à celle qu'ils retirent de la PAC.

Par RG le 22 octobre 2002 à 17:23
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