© INTERNELe premier groupe bancaire mondial, Citigroup, a décidé, mercredi, de séparer ses activités de recherche, et d'analyse financière, de celle de banque d'investissement. Le ministre de la Justice de l'Etat de New York, et la commission américaine des opérations de bourse (SEC) qui avaient ordonné aux grandes firmes de Wall Street, de mettre en œuvre un plan de réforme de leurs pratiques en matière de recherche financière, ont été surpris par la rapidité de cette décision. Ces derniers mois, Citigroup s'était retrouvé sur la sellette, à cause des liens très étroits entre celui qui était alors l'analyste vedette de la maison, Jack Grubman, et le groupe de télécoms WorldCom, victime de la plus importante faillite des Etats-Unis. Malgré cette affaire peu reluisante rien ne pouvait laisser penser que la banque géante allait réagir aussi vite.
Certains analystes ont sciemment induit les investisseurs en erreur
Les scandales à répétition qui avaient mis Wall Street en état de choc, ont mis en évidence une collusion récurrente, entre les départements d'analyse financière, et les équipes chargées de l'investissement. En clair, les conseillers chargés d'aider les clients des banques dans leurs stratégie d'investissement, recommandaient des entreprises peu fiables, voire au bord du gouffre, et ce, en dépit de signaux d'alertes envoyés par les analystes. Dans d'autres cas ce sont les rapports d'analystes qui ont été délibérément falsifiés par leurs auteurs.
De nombreux scandales de ce type ont éclaté lorsque des dizaines d'entreprises du secteur internet se sont effondrées. Un des cas les plus édifiants mis à jour, a été celui des équipes de Merrill Lynch qui vendaient du vent à leurs clients. Cette banque prestigieuse, a été forcé à payer une amende de 100 millions de dollars, un record ! Le responsable de la justice de New York, Elliot Spitzer, avait alors amené la preuve que des analystes de Merrill Lynch, louaient en public les qualités d'une entreprise, qu'ils traitaient de "merde" dans leur courrier électronique interne.
Il faut "isoler les analystes des banquiers d'affaires"
Difficile de faire plus radicale que la solution de Citigroup : mettre ses analystes dans une division séparée, mais toujours détenue à 100% par la banque, avec les 12.500 conseillers financiers en charge des investisseurs individuels. L'idée est d'isoler les analystes de l'influence des banquiers d'affaires. Ces derniers avaient souvent plus intérêt à la publication de notes de recherche flatteuses, pour s'attirer en retour de lucratifs contrats, que 'information objective de l'investisseur lambda.
Selon Sandy Weill, PDG de Citigroup, "cette structure, permettra d'assurer que la recherche financière chez Citigroup est indépendante des activités de banque d'investissement et de placement de titres". Bien évidemment, la crédibilité de ces équipes repose beaucoup sur la qualité et l'honnêteté des personnels qui les composent. Fort de ce constat, Citigroup a mis une vedette du métier, à la réputation sans taches, à la tête de cette nouvelle filiale : Sallie Krawcheck, analyste star et honnête en prime. Le magazine Fortune, non sans humour, lui a même attribué le titre de dernière analyste honnête de Wall Street, une vraie perle rare en somme.
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