Un informaticien exilé sur des chantiers... archéologiques

Par , le 15 octobre 2002 à 16h53 , mis à jour le 14 octobre 2002 à 17h10

A la suite d'un rapport polémique sur l'association pour laquelle il travaille, François est mis au placard. Le jeune informaticien se retrouve les pieds... dans la boue.

placard placardisé informaticien jeux tetris © INTERNE

En 1995, François a 25 ans et travaille depuis deux ans comme informaticien pour une association

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sous la tutelle du ministère de la Culture. Il enchaîne CDD sur CDD mais sait que son nom fait partie de la prochaine série de titularisations. Son responsable des ressources humaines lui demande alors de rédiger un rapport sur l’utilisation du matériel informatique et un bilan des compétences des employés. "J’ai mis en évidence de véritables dysfonctionnements et notamment 20 millions de francs de dépenses injustifiées".

Deux mois plus tard, la direction met fin au contrat de François. Le jeune homme demande sa réintégration et menace d'aller aux Prud'hommes. "J’avais eu plus de 10 CDD à la suite en l’espace de deux ans". François est réintégré… mais pas accueilli les bras ouverts. On l’expédie aussitôt sur des chantiers de fouilles archéologiques à 400 kilomètres de son domicile. Un informaticien au milieu des scientifiques ! Devant l’incongruité de la situation, on le " rapatrie " mais pour l’affecter dans un dépôt sans la moindre tâche à effectuer.

François fait appel à l’inspection du travail, aux syndicats.. " Pour me réintégrer, ils m’avaient soutenu mais là, ils préparaient des négociations importantes et m’ont fait comprendre qu’ils ne pouvaient pas se permettre de se mettre la direction à dos pour la défense d’un cas personnel ", explique l’informaticien. Au bout de six mois, il est licencié pour raisons économiques. " J’ai assez rapidement retrouvé du travail mais je les ai tout de même assignés aux Prud’hommes parce qu’il était important que l’on prouve que je n’étais pas coupable ". Seulement, la compagne de François travaille dans la même association et, on lui fait comprendre à demi-mot, que celle-ci pourrait aussi perdre son travail. De guerre lasse, Il abandonne mais estime toujours avoir été victime d’une injustice.

Par Sophie Lutrand le 15 octobre 2002 à 16:53
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