Lula "l'optimiste" reste sous surveillance des marchés

Par GRR, le 30 octobre 2002 à 07h00 , mis à jour le 29 octobre 2002 à 17h56

Le président du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva a bénéficié d'un accueil positif des gouvernements occidentaux, et du FMI. L'équipe au pouvoir aura néanmoins fort à faire, pour gérer la poudrière économique et sociale qu'est le Brésil actuel.

bresil presidentielle lula © INTERNE

Au deuxième jour de son mandat, la nouvelle équipe dirigeante du Brésil peut se féliciter d'un soutien affirmé de la majorité des grands intervenants des marchés financiers, aux Etats-Unis, et en Europe. Luiz Inacio Lula da Silva, surnommé Lula par ses supporters, sait qu'un des objectifs majeurs de son mandat consistera à trouver un équilibre entre : une politique sociale ambitieuse et des mesures drastiques, capables de revitaliser une économie exsangue, et de satisfaire le FMI. Mardi soir, à la Bourse de Sao Paulo, le Réal, la monnaie nationale a de nouveau reculé face au dollars car les analystes brésiliens et étrangers, ont anticipé l'arrivée à échéance de titres de la dette brésilienne indexés sur le dollar, pour un montant de 2 milliards de dollars. Les marchés attendent également les annonces concernant l'équipe à venir du nouveau président. La pression qui pèsera sur le nouveau gouvernement sera énorme car depuis le mois de mai, la Bourse a dévissé de 29%, et le Réal a plongé de 39%. 

Le FMI "invite" Lula à réformer au plus vite

Malgré cette dérobade des marchés brésiliens, Wall Street et le FMI semblaient supporter le nouvel homme fort du Brésil. Ce soutien reste malgré tout contrebalançé par une demande expresse du FMI, concernant les promesses électorales du candidat Lula,  pour assainir l'économie de son pays.

Dès le lendemain de l'élection, M. Koehler a dit vouloir rencontrer Lula à la première occasion. Manifestement, l'institution internationale, souhaite soutenir la nouvelle équipe dirigeante brésilienne, et s'enquérir de ses projets pour remplir les conditions drastiques imposées par le Fonds, au prêt de 30,4 milliards de dollars accordé au Brésil. Pour faire bonne mesure, plusieurs analystes financiers américains ont rappelé que le Brésil resterait sous surveillance, en particulier en ce qui concerne la dette extérieure, et la santé du Réal, la monnaie nationale.

Pour le moment, "Lula", bien que conscient des contraintes économiques énormes à venir, surfe avec bonheur sur sa popularité, tant au Brésil qu'à l'étranger. Il a annoncé qu'il "implanterait des accords commerciaux bilatéraux, et lutterait, pour qu'un nouvel ordre économique international réduise les injustices, le fossé toujours plus grands entre pays riches et pays pauvres, ainsi que l'instabilité financière internationale, qui cause tant de préjudices aux pays en développement".

Ce discours teinté d'euphorie et de social, ainsi qu'un soutien affirmé au Mercosur, n'ont pas "choqué" les Etats-Unis qui se sont dit : prêts "à une forte collaboration" avec le gouvernement brésilien. Les principaux leaders européens ne voulaient pas être à la traîne et ont déjà invité Lula, avant sa prise de fonctions le 1er janvier prochain.

Photos : AFP et TF1 Le président du Brésil :  M.Luiz Inacio Lula da Silva

Par GRR le 30 octobre 2002 à 07:00
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