Plus d'un million d'Italiens dans les rues

Par S.L, le 18 octobre 2002 à 17h20 , mis à jour le 17 octobre 2002 à 17h25

Les Italiens ont répondu assez massivement à l'appel de grève générale ce vendredi. Selon le principal syndicat, ils ont été plus d'un million à défiler dans les rues. Le gouvernement a parlé de "résultat modeste de la grève".

Italie grève générale 18 oct 2002 © INTERNE

Plus d'un million d'Italiens ont manifesté vendredi dans les grandes villes dans le cadre d'une grève générale appelée par la première confédération syndicale, la CGIL (gauche), pour protester contre la politique sociale du gouvernement de Silvio Berlusconi. Le ministre du Travail, Roberto Maroni, a minimisé la portée du mouvement, jugeant la participation "modeste", tandis que Berlusconi a refusé de le commenter, à la sortie du conseil des ministres.

"C'est une magnifique journée de grève avec une participation extraordinaire partout. Plus d'un million de travailleurs sont dans les rues de toute l'Italie", a affirmé Guglielmo Epifani, secrétaire général de la CGIL, en tête du cortège à Turin, siège du groupe Fiat qui a annoncé récemment un plan de restructuration prévoyant la suppression de 8.100 emplois. "Nous avons remporté le défi. La grève d'aujourd'hui et les taux d'adhésion dans toute l'Italie nous disent que nous avions raison", a-t-il ajouté, visant le gouvernement et les deux autres grandes confédérations syndicales, CISL (catholique) et UIL (modérée), qui jugeaient cette grève "politique".

Les ouvriers de Fiat en première ligne

Une première grève générale de huit heures, appelée en avril dernier par les trois grandes centrales syndicales, avait reçu l'adhésion de 13 millions de personnes et paralysé l'Italie. Cette fois, selon la CGIL, la chute de la consommation d'électricité à milieu de matinée indiquait dans l'industrie un taux de participation à la grève de 58%. Le patronat, la Confindustria, a pour sa part évalué le taux d'adhésion entre 25 et 30%, tandis que Savino Pezzotta, secrétaire général de la CSIL, le jugeait "inférieur à 30%, le plus faible de ces dernières années".

200.000 personnes ont participé aux cortèges à Turin, selon la CGIL, tandis que la préfecture de police a estimé le nombre de manifestants à 30.000. A Milan, capitale économique du pays, 250.000 personnes (35.000, selon la police) ont pris part au cortège qui s'étirait sur 5 km de long. Selon la centrale syndicale, qui revendique 5,4 millions d'adhérents, le taux de participation était de 85% en moyenne à Milan et dans la province. Il était de 70% dans l'administration et 100% dans certaines groupes privés, notamment Pirelli, où travaille Sergio Cofferati, secrétaire général de la CGIL jusqu'au mois de septembre. Les ouvriers de l'usine Fiat d'Arese, dans la banlieue de Milan, étaient en première ligne du cortège et ont été longuement applaudis.

"Nous sommes 150.000 dans les rues de Rome", a annoncé pour sa part dans la capitale italienne Walter Schiavella, responsable du syndicat pour la région. A Naples, les manifestants étaient 80.000, selon la bourse du travail, et à Florence, ils étaient près de 200.000, selon la CGIL et 130.000, selon la police.

Par S.L le 18 octobre 2002 à 17:20
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