© AFPSelon le Wall Street Journal de lundi, le groupe français de distribution et de luxe Pinault-Printemps-Redoute (PPR) serait prêt à multiplier les cessions d'actifs, dont un des bijoux du groupe, Finaref, afin de finaliser le rachat des 46% du groupe de luxe Gucci, qui ne lui appartiennent toujours pas. Fin août, PPR avait déjà vendu les activités vente à distance de sa filiale de fournitures de bureau Guilbert, pour la coquette somme de 825 millions d'euros. En sus de la finalisation du rachat de Gucci, la cession de Finaref, le pôle crédit à la consommation de PPR (3 à 4 milliards d'euros), représenterait une manne financière providentielle, capable d'alléger la dette importante du groupe français.
La rumeur a fait flamber l'action PPR
Les marchés aiment les rumeurs, surtout lorsqu'elles laissent présager une diminution de la dette du vendeur. De fait, l'action PPR a clôturé la séance en hausse de 8,70%, sur-performant ainsi, largement, un marché atone. Rumeur, ou vraie transaction à venir, la société Finaref attise d'ores et déjà les convoitises des géants du secteur, BNP-Paribas avec Cetelem, et Crédit Agricole (CA) avec Sofinco. Pour le Crédit Agricole, dont la filiale Sofinco (15,6 milliards d'euros d'encours gérés) pointe en deuxième position des établissements de crédits spécialisés, Finaref (6,3 milliards d'euros) représenterait une occasion en or de faire quasiment jeu égal, avec BNP Paribas, le leader du marché.
Le Crédit Agricole part favori
Si BNP-Paribas n'a pas dit son dernier mot, la "banque verte" semble être le favori de cette course à la croissance externe. Dans ce type de montage financier, la société cible fait généralement l'objet d'une forte hausse, tandis que le titre de l'acheteur recule nettement. Lundi, si l'on s'en tient à la baisse du titre Crédit Agricole, qui était la lanterne rouge de la séance de cotation du Cac 40, les opérateurs des salles de marchés auraient donc pronostiqué une victoire du Crédit Agricole. Même si les leaders français du marché sont incontournables, un troisième candidat potentiel, l'américain GE Capital pourrait aussi regarder le dossier pour sa filiale française Sovac.
En résumé, quel que soit l'heureux élu, la cession de Finaref permettrait donc à PPR d'envisager plus sereinement son engagement contractuel à racheter les minoritaires de Gucci en mars 2004. Cerise sur le gâteau, dans le cas ou la vente de Finaref se concrétiserait, PPR signifierait aux marchés que la stratégie de recentrage sur la distribution et le luxe, est désormais une réalité.
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