© INTERNELa Mutualité française a fait savoir vendredi qu'elle engageait les mutuelles à ne pas prendre en charge, à partir du 1er octobre, le coût du déplacement du médecin en cas de visite "médicalement non justifiée". Une annonce directement liée à la prochaine entrée en vigueur du nouveau tarif de la visite à domicile...
Le but avoué de cette réforme est de changer les habitudes françaises : actuellement, sur les 65 millions de visites remboursées chaque année par l'assurance maladie, seules un peu plus de 20 millions auraient pour origine une réelle incapacité du patient à se rendre au cabinet du médecin. Mais l'impact de la réforme sur le comportement des Français dépend en partie de la position qui sera adoptée par les organismes complémentaires en matière de remboursement…
Ce qui sera remboursé… et ce qui ne le sera plus
Jusqu'à présent, la visite à domicile était généralement remboursée au patient sur la base de 23,50 euros, quel que soit le motif du déplacement. Dès le 1er octobre, seules les visites "médicalement justifiées" seront prises en charge par la Sécurité sociale, à 70 %, sur la base de 30 euros (20 euros de consultation + 10 euros de frais de déplacement). Pour le cas des adhérents d’une mutuelle, ils n’auront donc rien à débourser, les 30 % restant étant intégralement pris en charge par leur mutuelle.
En revanche, les patients qui demanderont au médecin de les ausculter chez eux alors qu’ils auraient pu se rendre au cabinet médical devront payer davantage. Ce surcoût sera fixé librement par le médecin. Et les malades ne seront remboursés par la Sécurité sociale que sur la base de 20 euros. A supposer que les mutuelles cessent les remboursements de ces visites, les patients devraient donc payer les 10 euros de déplacement et le surcoût imposé par le médecin.
Ce n’est pas la seule mesure préconisée par la Mutualité française. Dans son communiqué de vendredi, elle propose de cesser aussi de prendre en charge les dépassements du forfait de remboursement pour les médicaments appartenant à un groupe générique, ainsi que les médicaments déremboursés pour "service médical rendu insuffisant". L’objectif est le même : en allant dans le sens des mesures voulues par le gouvernement, la Mutualité française compte inciter les Français à modifier leurs comportements.
Photo d’ouverture : archive
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