Les apprentis conducteurs privés d'examen de conduite

Par S.L, le 15 novembre 2002 à 17h08 , mis à jour le 14 novembre 2002 à 17h17

Suite à la grève des inspecteurs du permis de conduire entamée le 21 octobre, plus de 100 000 examens ont dû être annulés, les listes d'attente s'allongent et certaines autos-écoles ont dû mettre leurs moniteurs au chômage technique.

Réforme progressive du permis de conduire © Manreo

26 jours de grève et une centaine de milliers de personnes qui attendent de pouvoir piquer les clés du break des parents ou de postuler à tel poste requérant le permis de conduire. La grève des inspecteurs du permis de conduire entamée le 21 octobre commence à multiplier les mécontentements. Les clients des autos-écoles d'abord mais les autos-écoles elles-mêmes et jeudi le conseil national des professions de l'automobile (CNPA). Selon ces derniers, qui se présentent comme la principale organisation professionnelle des patrons d'auto-école, cette "grève injuste met en péril les écoles de conduite". Plus de 10 000 examens théoriques et pratiques ont dû être annulés depuis le début du conflit. Certaines autos-écoles ont été obligées de mettre leur moniteurs au chômage technique.

Même discours à l'Union nationale des professionnels de la formation automobile (UNPFA) : "Pour les élèves candidats à l'examen, c'est une demi-journée de prise sur le temps de travail, sans résultat, non rémunérée et qui leur coûtera des leçons supplémentaires pour une deuxième présentation", déplore Danielle Courouneau, l'une des responsables de l'UNPFA. Pour la seule Seine-saint-Denis, "10 auto-écoles ont mis leurs moniteurs au chômage technique et les petites structures ne devraient pas résister au choc de la grève", dans les semaines à venir, si elle se poursuit, estime Danielle Courouneau. "La liste d'attente des candidats s'allonge", a souligné dans une lettre envoyée à la presse l'association Ecole de conduite française (ECF) qui revendique 1.200 auto-écoles adhérentes en France.

Le conflit s'enlise

Les inspecteurs sont des fonctionnaires du ministère de l'Equipement tandis que les auto-écoles sont totalement privées, ce qui explique que si les cours de conduite sont payants, l'examen pour obtenir le permis est gratuit. 75% des inspecteurs demandent le retrait d'un projet qui ferait dépendre les services du permis de conduire des directions départementales de l'équipement (DDE), afin de "conserver leur indépendance". Les inspecteurs demandent également la mise en place des 35 heures, une revalorisation des salaires et de leur régime indemnitaire ainsi que la généralisation de l'annonce différée par courrier des résultats de l'examen du permis de conduire, afin de "garantir leur sécurité".

Le SNICA-FO, syndicat majoritaire chez les inspecteurs, reçu deux fois par le ministre, "comprend cette situation" mais affirme "ne pas pouvoir accepter sa proposition de reculer au 1er mars 2003, la déconcentration des examens du permis".

Par S.L le 15 novembre 2002 à 17:08
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