La crise irakienne rend le brut volatil

Par RG, le 13 novembre 2002 à 17h32 , mis à jour le 12 novembre 2002 à 17h40

Depuis le regain de tension entre les Etats-Unis et l'Irak, les cours du brut donnent le tournis aux opérateurs. Les analystes du secteur restent suspendus aux déclarations des parlementaires irakiens, et des diplomates de l'ONU.

petrole offshore plateforme forage © INTERNE

Cardiaques s'abstenir ! Le marché du pétrole qui est déjà, en temps normal une place d'échanges agitée, semble être devenu totalement imprévisible. A la suite de la décision du parlement irakien de rejeter la résolution de l'ONU sur le désarmement de l'Irak, le cours du pétrole s'est envolé, puis s'est légèrement détendu. Mardi soir, sur le marché à terme new-yorkais, le prix du brut de référence (light sweet crude) pour livraison rapprochée en décembre a reculé de 4 cents à 25,90 USD, après avoir gagné 16 cents lundi.

Le marché penche pour un "oui" de Saddam Hussein à la résolution

Malgré le "non" très médiatisé du parlement irakien à la proposition de l'ONU, les transactions entre  professionnels du marché n'ont pas, pour l'instant, propulsé le cours du brut à des niveaux très élevés. Ainsi, David Thomas, analyste de la Commerzbank : "ce n'est pas étonnant que le cours du pétrole progresse initialement sur cette information, mais je pense que les gens vont désormais attendre pour voir ce qui se passe". Plus optimiste, Lawrence Eagles, analyste de la maison de courtage GNI, pense que cette  annonce du parlement irakien "relève plus du défi que d'une position finale sur la résolution".

Saddam Hussein "a jusqu'à vendredi pour se décider" et le marché estime qu'il finira par accepter la résolution de l'ONU, "parce que franchement il n'a pas grand chose à perdre en acceptant", a également jugé David Thomas. "S'il refuse d'accepter la résolution vendredi, il accélèrera" le lancement d'une opération militaire, a-t-il ajouté. L'Irak est en tout cas revenu au premier rang des préoccupations du marché qui va suivre de près les déclarations de Bagdad dans les prochains jours, selon les analystes.

Le rôle de l'OPEP sera déterminant

Les cours actuels du brut sont influencés par deux facteurs importants : la crise irakienne, mais

aussi la surproduction de l'OPEP, qui avait fait reculer le prix du baril, bien avant les échanges musclés entre George Bush et Saddam Hussein. Selon le rapport mensuel de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) publié mardi, les dix pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), hors Irak, ont dépassé en octobre leur plafond de production fixé à 21,7 millions de baril / jour, depuis janvier dernier.

L'AIE a noté qu'après avoir tenté de maintenir leur niveau de production entre 24,5 et 25,3 mbj sur les huit premiers mois de l'année, les membres de l'OPEP semblent avoir choisi à partir de septembre de ne plus se conformer à leur objectif de production, de mettre sur le marché du pétrole supplémentaire et de profiter des prix de brut élevés. Au cours de la prochaine réunion du cartel, en décembre, la question du respect des quotas devrait être le pivot central des négociations entre les principaux pays producteurs.

 

Photos  AFP. LCI : Plate-forme offshore /  Réunion OPEP

Par RG le 13 novembre 2002 à 17:32
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