EasyJet convoite les restes d'Air Lib

Par DjS, le 06 novembre 2002 à 19h09 , mis à jour le 05 novembre 2002 à 19h13

Tout en réaffirmant son intérêt pour les créneaux horaires de sa concurrente moribonde, la compagnie britannique à bas prix a démenti l'existence d'un accord avec le gouvernement sur le sujet. Ryanair aussi zyeute le marché français.

AirLib, EasyJet, RyanAir (DjS) © e-TF1

Le ciel français est l'objet de toutes les convoitises et les créneaux horaires de décollage et d'atterrissage dans les aéroports (les slots) aiguisent les appétits des compagnies aériennes à bas prix. Mardi, la Britannique EasyJet s'est déclarée "très intéressée" par une plus large implantation à Roissy et Orly où elle réclame 20.000 créneaux avec une préférence pour l'aéroport du sud de la capitale.

Or ces fameux créneaux sont au centre d'une polémique mêlant la compagnie en difficulté financière Air Lib. Récemment, le gouvernement a été accusé de laisser tomber la compagnie dirigée par Jean-Charles Corbet pour récupérer les 45.000 créneaux lui appartenant et les redistribuer en partie à sa concurrente EasyJet. En contrepartie, cette dernière aurait préféré le constructeur européen Airbus à son ennemi américain Boeing pour l'achat de 120 avions.

Démenti à deux voix

Le ministre des Transports a démenti cette accusation, rappelant que "les créneaux étaient attribués par une instance indépendante, le Cohor, qui réunit les compagnies aériennes elles-mêmes". Mêmes dénégations chez EasyJet : "Il y a eu une concurrence très rude entre Boeing et Airbus: la décision a été purement économique", a certifié son directeur général, Ray Webster. Mais la commande n'est pas ferme et pourrait encore s'envoler outre-Atlantique…

Ryanair aussi

Ray Webster menace par ailleurs d'installer sa prochaine plate-forme hors de France si on ne lui donne pas ses slots franciliens: "L'Europe est grande. Il y a beaucoup d'opportunités de croître", clame-t-il. Et puis, il s'adoucit : si Air Lib venait à disparaître, EasyJet pourrait engager une partie du personnel licencié.

La compagnie britannique n'est pas la seule à zyeuter le marché français. Sa grande concurrente irlandaise, Ryanair a aussi l'objectif d'ouvrir une plate-forme en France d'ici 2008. Mais pas nécessairement à Orly et Roissy, où les taxes sont jugées trop onéreuses. La compagnie, qui affiche une santé insolente, vient d'ouvrir une nouvelle ligne à Strasbourg. Et son aéroport parisien est à… Beauvais.

Par DjS le 06 novembre 2002 à 19:09
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