© AFPAir Lib passera le week-end, la semaine peut-être. Le Conseil supérieur de l'aviation marchande a finalement décidé de ne pas décider. "Le CSAM n'a pu émettre, en l'état, un avis favorable au maintien de la licence d'exploitation en raison de la situation financière de l'entreprise", indique vendredi le ministère des Transports dans un communiqué.
"Toutefois, nuance le communiqué, le CSAM a indiqué que la compagnie Air Lib a fait état de contacts avec deux investisseurs potentiels qui selon elle, pourraient assurer sa survie". La balle est donc maintenant dans le camp du gouvernement. Sans son aval, la société ne pourra plus faire voler ses appareils à partir du 15 novembre.
Donner les noms
Il ne reste plus à Jean-Charles Corbet, le PDG d'Air Lib, qu'à révéler l'identité de ses deux mystérieux sauveteurs. Il semblerait que, même devant le CSAM, l'ancien pilote ait refusé d'en dire plus que ce qui avait été annoncé jeudi soir. Deux investisseurs, l'un européen, l'autre français, seraient prêts à venir en aide à la société. Le premier s'intéresserait à Air Lib Express, l'activité à bas prix ; le second pencherait pour le long-courrier.
Ce silence conforte les doutes des syndicats, très suspicieux à l'égard des annonces de la direction (notre lien). Il pourrait finir de convaincre le ministre des Transports que le dossier "Air Lib" ne mérite pas d'être défendu devant la Commission européenne.
Lettre morte
Bruxelles attend avec impatience qu'on lui explique ce que va devenir le prêt d'un peu plus de 30 millions d'euros accordé par Paris à Air Lib. Si la société dirigée par Jean-Charles Corbet ne le rembourse pas, ce prêt sera considéré comme une aide d'Etat. Ce qui risque de courroucer Bruxelles.
Le plan de la dernière chance, présenté par M. Corbet il y a une semaine, après avoir été recalé une première fois par le gouvernement, prévoit 500 licenciements, sur un effectif de 2500 personnes pour la seule compagnie (3200 avec ses filiales). Mais, sans investissements extérieurs, ce plan restera lettre morte.
"Trop court" pour Air Lib, "pas de couteau sous la gorge" pour le gouvernement |
Air Lib juge insuffisant le sursis d'une semaine accordé par le gouvernement en estimant qu'elle "ne parviendra pas à boucler un dossier complet" de restructuration pendant ce délai. "On peut bien entendu aller un petit peu plus loin dans la connaissance de partenaires, mais il est évident qu'en une semaine, on ne réglera pas tout" explique le porte-parole de la direction Pascal Perri. "Nous avons travaillé sur un vrai plan de restructuration, nous avons progressé avec des partenaires financiers, et ce soir, simplement, nous disons que chacun doit être confronté à ses responsabilités" ajoute-t-il. |
(Photo AFP : les couleurs d'Air Lib)
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